Pierre Lellouche : "Nous nous comportons comme des vassaux de la Chine"

Le président chinois Xi Jinping “a détaillé récemment une liste de secteurs stratégiques dans lesquels la Chine a l’ambition de virer en tête”, avertit Pierre Lellouche.

Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes puis au Commerce extérieur sous Nicolas Sarkozy, ancien député LR, Pierre Lellouche dénonce la façon dont les élites françaises ont abandonné des pans entiers de nos industries stratégiques au profit de la Chine. Et appelle à un sursaut pour reprendre la main.

Marianne : Que nous apprend la crise du coronavirus sur notre relation à la Chine ?

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Pierre Lellouche : Le grand stratège chinois Sun Tzu enseignait que la victoire suprême dans la guerre, c’est d’obtenir la capitulation sans avoir besoin de livrer combat. L’adversaire concède alors la défaite sans même avoir envie de lutter. Par une succession de lâchetés, de facilités, de légèretés, nous nous sommes mis nous-mêmes dans cette situation. Que les Chinois défendent leurs intérêts, c’est tout à fait normal. Mais que nous ayons endossé de nous-mêmes la position d’Etat vassal, c’est problématique.

A quoi voyez-vous cela ?

Un virus parti de Chine infecte la planète entière, mais, sans vergogne, la Chine attribue désormais sa paternité aux Américains, ses diplomates insultent les systèmes de santé des pays victimes - celui de la France en particulier - et elle fait ouvertement pression sur un certain nombre de pays. Quand l’Australie demande une enquête sur la gestion du virus par Pékin, la Chine impose immédiatement des sanctions commerciales. En janvier, quand un parlementaire tchèque compte se rendre à Taïwan, elle a menacé les entreprises tchèques. Quand l’Allemagne hésite à bannir Huawei de son infrastructure 5G, elle menace de représailles le secteur automobile allemand. Quand il y a quelques mois, un navire de guerre français est passé dans le détroit de Formose, la Chine a réprimandé la France, et il se passe aujourd’hui la même chose parce que nous envisageons un contrat d’entretien pour des frégates livrées à Taïwan en 1991.

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