Piège en haute mer

Par Sophie Pujas
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Quatre lycéens terrifiés, un cadavre, et un voilier pris dans la tempête : tel est le cocktail du nouveau roman de Marion Brunet, Plein gris, un huis clos sous très haute tension. Pour les jeunes gens, cela devait pourtant être l'aventure du siècle : une virée en mer depuis les côtes bretonnes jusqu'à l'Irlande. Cela ne devait pas poser de problèmes, plusieurs d'entre eux sont des navigateurs aguerris malgré leur jeune âge. Que s'est-il donc passé pour qu'ils doivent affronter la mer en furie et que le charismatique Clarence ait perdu la vie ? C'est en flash-back, à travers la voix de la jeune Emma, que nous est racontée cette histoire qui converge vers l'effroi. Comme le raconte la jeune fille : « C'est une chose d'observer une tempête depuis la côte, les tonnes d'eau salée qui ébranleraient presque les manoirs de granit. C'est une chose de se faire peur aux abords des jetées détrempées, se raconter les disparus, chaque année, les imprudents. (?) Mais être au c?ur, la voir arriver et n'avoir aucune porte de sortie relève de la terreur pure. »

Au-delà du suspense, Marion Brunet livre une réflexion puissamment incarnée et souvent acide sur les relations toxiques et la quête de soi à l'adolescence. On lui devait déjà, entre autres, Sans foi ni loi, Pépite d'or du salon du livre jeunesse de Montreuil, ou, pour les adultes, L'Été circulaire (Albin Michel), Grand Prix de littérature policière 2018. Elle confirme ici qu'elle possède une plume féroce et puissante [...] Lire la suite