Cette phrase dans la motion de censure des Insoumis qui aurait dû dissuader le RN de la voter

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JULIEN DE ROSA / AFP

Dans son texte, la France insoumise se déclare en « opposition frontale » avec le RN.

POLITIQUE - Cette fois, on pourra difficilement faire le procès (pas vraiment fondé) d’une motion de censure taillée sur mesure pour le Rassemblement national. Après un quatrième recours au 49.3 par Élisabeth Borne sur le budget de la Sécu, le groupe de la France insoumise à l’Assemblée nationale a -comme promis- déposé une nouvelle motion de censure.

Au sein de la Nupes en effet, seule la force mélenchoniste considère qu’il faut systématiquement faire usage de cette procédure contre « la soumission du Parlement ». Alors que les jours se ressemblent à l’Assemblée nationale, le Rassemblement national a cette fois fait l’économie de sa propre motion de censure, se contentant d’annoncer voter celle des collègues insoumis.

Or, le texte déposé par Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, prend soin de distinguer la formation de gauche au parti de Marine Le Pen.

« Le président de la République aura abaissé la parole présidentielle jusqu’à inventer de toutes pièces une alliance de la NUPES et du Rassemblement National qui n’existe pas et qui n’existera jamais : notre projet et notre vision de la société nous placent en opposition frontale avec l’extrême droite, dont les coups de communication montrent surtout l’isolement et l’opportunisme », peut-on lire dans le texte de la motion de censure qui sera discutée ce vendredi 4 novembre dans l’après-midi à l’Assemblée.

« Outil constitutionnel »

Sans que cela n’émeuve Marine Le Pen, qui y voit justement une invitation à faire fi des oppositions idéologiques pour faire tomber le gouvernement. « Le texte déposé par le groupe La France insoumise souligne bien que le vote en commun d’une motion de censure n’est évidemment pas une alliance politique mais bien un outil constitutionnel pour censurer le gouvernement et bloquer son budget », a justifié Marine Le Pen dans un communiqué.

Alors que le contexte se tend au Palais Bourbon après la sortie jugée raciste du député RN Grégoire de Fournas à l’encontre de son collègue LFI Carlos Martens Bilongo, le Rassemblement national changera-t-il son fusil d’épaule ?

Pas pour le moment, à en croire Sébastien Chenu. Invité ce vendredi sur franceinfo, le député du Nord a confirmé que le RN restait sur sa position initiale : « nous considérons qu’il faut censurer le gouvernement, et donc à partir du moment où il y a une motion de censure qui est déposée, nous allons la voter ».

VIDÉO - Budget : nouvelle motion de censure LFI dans un climat tendu avec le RN

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