Le photographe malgache Pierrot Men expose à Antananarivo

Le célèbre photographe malgache Pierrot Men expose dans la capitale de la Grande Ile. Au public de l’Institut français, à Antananarivo, il présente « Le bruissement de l’eau », une série de photos sous fond sonore prises dans le nord et le sud de la Grande Ile où l’eau est au centre des préoccupations de la population.

Sous l’œil de Pierrot Men, deux extrêmes : les pluies incessantes du nord-est et la sécheresse du Grand Sud de Madagascar. Parmi la vingtaine d’œuvres exposées, d’immenses paysages, souvent arides et mystérieux dans lesquels l’humain semble bien fragile.

« En général, je rentre vraiment vers le sujet, vers les gens. Mais cette fois-ci, je suis un peu loin pour mieux voir la nature. Donc, les gens sont minuscules dessus. Je ne sais pas comment expliquer cela, mais ce sont des choses que je n’ai même pas prévu de faire. C’était sur place que j’ai vu que c’était le seul moyen d’exprimer ce genre de vide, de sécheresse. Il fallait vraiment montrer l’espace. »

Des compositions et des cadrages

Noir et blanc, la marque de fabrique de Pierrot Men, ou en couleurs, les clichés laissent entrevoir des compositions et des cadrages qui rappellent la peinture, son premier amour. Mais c’est l’intuition du photographe qui le guide :

« Il y a une fameuse photo que j’ai prise à Sarodrano, par exemple, où ils sont vraiment en train de creuser le sable pour avoir un peu d’eau, parce que la mer est juste à côté. Là, au moins, ils peuvent avoir de l’eau même s’ils doivent encore la faire bouillir, bien sûr, mais c’est de l’eau. Dans cette photo, c’est la lumière sur le sable qui m’a beaucoup frappé parce que cette forte lumière, pour moi, ça représente vraiment la dureté de la vie dans ces régions-là. Si seulement on arrivait à faire venir l’eau du nord jusque dans le sud, cela résoudrait déjà pas mal de problèmes. »

Des images qui frappent et retracent le quotidien de populations à qui la parole est rarement donnée.

► Pierrot Men : Le bruissement de l’eau, exposition à l’Institut français de Madagascar, jusqu’au 18 janvier 2020. Entrée libre. En partenariat avec l’ONG Medair qui intervient dans le nord-est et le Grand Sud de Madagascar.

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