Cette photo ne montre pas un bébé palestinien blessé par une bombe au phosphore israélienne

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Une photo montrant le visage couvert de taches rouges d’une fillette est présentée comme celle d’un bébé blessé par une frappe israélienne au phosphore, une arme dont l’utilisation militaire offensive est prohibée. Cette photo a été détournée : la petite fille souffre du syndrome de Sturge-Weber, une maladie congénitale rare de la peau.

Une petite fille, le visage couvert de taches rouges, sourit sur la photo. Publié sur Facebook le 1er novembre, le cliché a récolté plus de 17 000 mentions "J’aime". "Ce sont des fragments d'une bombe qui a pénétré sa maison, mais qui n'a pas pénétré la beauté de l'âme de cette petite fille palestinienne", affirme, en italien, la légende de la publication.

Plusieurs comptes Twitter ont partagé la photo, dont celui-ci, dans une publication retweetée plus de 230 fois affirmant en anglais que la fillette a été blessée par les "bombes au phosphore" d’Israël. La photo a aussi été partagée en arabe.

La photo est celle d’une petite fille atteinte d’une maladie rare de la peau

Une recherche d'images inversée par l'intermédiaire de Google (voir ici comment procéder) permet de retrouver l’image originale.

Elle provient de cet article de Caters News Agency – une agence de presse britannique – du 30 avril 2019, dans lequel Deanna Latino, qui habite à Rockford (Illinois, États-Unis), dénonce les regards et les commentaires cruels des étrangers sur sa fille Bianca, atteinte du syndrome de Sturge-Weber, une maladie neuro-cutanée rare qui produit des taches couleur lie de vin sur le visage. La petite fille a reçu un traitement au laser pour éviter des complications, ce qui cause des marques ressemblant à des brûlures mais qui s’estompent progressivement. Il n'y a pas de remède contre la tache ou le syndrome de Sturge-Weber, ce qui signifie que les personnes qui en sont atteintes ont besoin d'un traitement pour le reste de leur vie.

L’article montre en outre d’autres photos de la petite fille à divers stades de son traitement.

The Sun, un tabloïd anglais, avait aussi publié en mai 2019 les photos et l’histoire de la petite fille.

Deanna Latino est membre de la Fondation américaine des taches de naissance vasculaires.

Pas de preuve de l’utilisation récente du phosphore blanc par Israël

Il n’y a pas de preuve que du phosphore blanc ait été utilisé récemment par Israël. Cependant, l’utilisation de cette substance par Israël a été confirmée dans le passé. En 2009, le pays avait admis dans un rapport qu’il avait fait usage de bombes à phosphore lors d’une offensive sur Gaza en 2008. Israël affirme que ces bombardements ont été réalisés dans des conditions autorisées par le droit international, c’est-à-dire que les bombes n’ont pas été utilisées dans un but militaire offensif à proximité de la population.

Si à ce jour rien ne permet de conclure que du phosphore blanc a été récemment utilisé par Israël, les affrontements israélo-palestiniens font régulièrement des morts, dont des enfants. En mai dernier, 232 Palestiniens dont 65 enfants ont été tués par des bombardements à Gaza, et 12 Israéliens dont deux enfants.

>> LIRE SUR LES OBSERVATEURS : Comment des trolls pro-israéliens ont créé une fausse information autour de la photo du petit Grégory

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