Photo / Anne-Marie Filaire sur le trépied de guerre

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Photo / Anne-Marie Filaire sur le trépied de guerre

Israël-Palestine, Liban, Erythrée… L’exposition «Zone de sécurité temporaire», au Mucem, présente un regard rare et désaxé sur des pays au cœur de violents conflits.

Ce n’est peut-être pas un hasard si l’exposition se niche au fort Saint-Jean. N’y a-t-il pas, à l’intérieur d’une forteresse militaire, une «zone de sécurité temporaire» ? C’est ici qu’Anne-Marie Filaire a trouvé la sienne, sur la place d’Armes, à Marseille, en surplomb du Mucem. La porte se referme sur un espace aveugle et haut de plafond. Une lumière tamisée baigne une scénographie rigoureuse avec de grandes cloisons blanches. A l’abri des murs épais, comme protégées, d’énigmatiques photos noir et blanc. Que soufflent calmement ces paysages vides, arides, figés par une lumière blanche crevée ?

Ce sont des zones frontières, des territoires chargés de tensions. Au cœur de l’expo, on voit le sol déchiré du conflit israélo-palestinien, puis le Liban, l’Erythrée et le Yémen. Avec un protocole qu’elle s’est imposé, la photographe enregistre le panorama dans la tradition de l’Observatoire photographique du paysage du ministère de l’Environnement.

Dans une décennie houleuse, marquée par la Seconde Intifada et le 11 Septembre, Anne-Marie Filaire semble prendre son temps et souhaite observer au-delà des points de mire de l’actualité : «Alors que tous les médias se concentraient sur les check-points, moi, je regardais le paysage», se souvient-elle. Selon une méthode presque scientifique, elle fait des «relevés de terrain» : «Je m’installe, je pose mon appareil sur un trépied, je regarde à travers le dépoli quadrillé (la plaque de verre de l’objectif), et compare les points de repère des prises de vue. Finalement, il existe peu de traces de ce moment de fermeture. J’ai exploré la région à la sauvage. Il y avait des attentats, les bus explosaient. J’ai été des deux côtés. J’avais le sentiment de faire des images essentielles.»Posées sur un socle blanc au centre de l’expo, des images panoramiques décrivent les (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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