Les phoques ont le sens du rythme, comme les humains

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Kevin Schafer / Getty Images

SCIENCE - Oui, les animaux peuvent aussi avoir le sens du rythme. Des scientifiques de l’université Max Planck de psycholinguistique de Nimègue (Pays-Bas) ont découvert que les bébés phoques étaient capables de différencier le tempo, la longueur et la régularité des vocalisations de leurs congénères, ce qui témoigne d’une compréhension de la musicalité.

Les résultats de cette étude ont été publiés mercredi 26 octobre dans la revue Biology Letters. Ces mammifères marins viennent s’ajouter à la courte liste des animaux doués de cette compétence, composée seulement des humains et de certains oiseaux chanteurs.

Chez l’humain, la perception du rythme est importante pour l’apprentissage de la parole et de la création musicale. Les scientifiques soutiennent l’hypothèse que l’évolution de la perception du rythme est liée à une autre de nos compétences : l’apprentissage vocal, c’est-à-dire la capacité à modifier nos vocalisations, après avoir entendu celles de nos congénères ou d’autres espèces, ainsi qu’à les imiter et à les reproduire. Mais l’homme constitue le seul point de référence pour tester cette hypothèse évolutive.

Un échantillon de vingt bébés phoques communs

Pour l’appuyer, les scientifiques ont donc cherché d’autres mammifères ayant ces deux capacités conjointes. Or, le phoque commun - espèce la plus connue des phocidés - est aussi capable d’apprentissage vocal alors même que nos plus proches parents, les primates, montrent des capacités limitées.

D’après un article de la BBC, l’équipe a alors créé des sons de phoques dans des séquences rythmiques différentes en termes de tempo (rapide et lent), de longueur (longue et courte) et de régularité (régulier et aléatoire). Ils ont ensuite lancé ces enregistrements derrière le dos de vingt bébés phoques, âgés d’un an et nés à l’état sauvage.

Les scientifiques ont ensuite enregistré le nombre de fois où les animaux ont tourné la tête pour regarder la source sonore - une indication qu’ils étaient « intéressés » par différentes propriétés rythmiques. Ils se sont basés sur une technique approuvée par des études antérieures : lorsqu’un animal - ou un bébé humain - entend un son, il a tendance à regarder d’où vient ce bruit. Si la réaction à ce son est intéressante pour eux, ils peuvent s’y intéresser plus longtemps.

Une avancée significative

Ils ont alors constaté que les phoques tournaient plus souvent la tête lorsque les vocalisations étaient plus longues, plus rapides ou rythmées. Selon l’étude, cela signifie qu’ils sont capables de distinguer les séquences régulières et irrégulières, les séquences courtes et longues et les rythmes rapides et lents.

Les scientifiques ont donc vu juste : cette étude montre que les bébés phoques réagissent aussi aux rythmes musicaux, le tout sans aucun entraînement et sans avoir recours à des friandises comme motivation.

Dans un communiqué de presse, l’auteure principale de l’étude, Laura Verga, a déclaré : « Comme chez les bébés humains, la perception du rythme chez les phoques se manifeste tôt dans la vie, est robuste et ne nécessite ni entraînement ni renforcement. » Pour elle, il s’agit « d’une avancée significative dans le débat sur les origines évolutives de la parole et de la musicalité humaines, qui restent assez mystérieuses. »

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