Philippines: Duterte candidat à la vice-présidence, un «écran de fumée» pour l’opposition

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Le président philippin Rodrigo Duterte s'est déclaré mardi soir candidat à la vice-présidence du pays pour continuer sa « croisade » contre la drogue et les rebelles, une décision dénoncée par l'opposition qui y voit un « écran de fumée » et une parade contre d'éventuelles poursuites judiciaires.

M. Duterte, élu à la tête de l'archipel en 2016, avait laissé entendre qu'il pourrait briguer un second mandat, même si la Constitution l'interdit. « Je vais briguer la vice-présidence », a-t-il annoncé dans une allocution pré-enregistrée, confirmant le communiqué diffusé plus tôt par son parti le PDP-Laban.

« Alors je vais continuer la croisade. Je m'inquiète en priorité de la rébellion, puis de la criminalité et de la drogue. » « Je pourrais ne pas avoir le pouvoir de donner la direction ou l'orientation, mais je pourrai toujours exprimer mon avis publiquement. »

Depuis sa prise de pouvoir, M. Duterte a mené une campagne sanglante contre les consommateurs et les dealers de drogues, qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes, selon des ONG. La Cour pénale internationale (CPI) a demandé en juin l'ouverture d'une enquête sur des milliers de meurtres commis dans le cadre de cette « guerre », estimant que cela pourrait relever du « crime contre l'humanité ».

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Tourner la Constitution « en dérision »

Dans la course à la présidentielle de mai prochain, le PDP-Laban devrait soutenir le sénateur Christopher Lawrence « Bong » Go, proche de longue date du sortant. Toutefois, une fraction de ce parti, favorable au boxeur star et potentiel candidat Manny Pacquiao, a dénoncé dans ce ticket Bong Go-Duterte un « écran de fumée », qui viserait à ne dévoiler qu'à la dernière minute leur véritable candidate : Sara, la fille de M. Duterte, qui appartient à un autre parti.

1Sambayan, une large coalition de figures de l'opposition, a dénoncé l'annonce de M. Duterte, estimant qu'elle tourne la Constitution « en dérision ». « De toute évidence, c'est motivé par la crainte de rendre des comptes à la fois à la CPI et à notre propre système judiciaire », a critiqué le groupe sur Facebook.

Si Sara Duterte-Carpio, favorite des sondages, ou Bong Go l'emportaient, ils pourraient contribuer à protéger M. Duterte de poursuites pénales, selon des observateurs. Dans une partie de la déclaration coupée avant sa diffusion, M. Duterte précisait que Bon Go et lui se retireraient de la course si sa fille se présentait, explique à l'AFP Harry Roque, porte-parole de la présidence.

Sara Duterte-Carpio a confirmé sur Facebook avoir été mise au courant, il y a peu, de la candidature de son père, qui lui aurait demandé de soutenir le projet ou d'accepter M. Go comme vice-président. « Ce n'était pas un moment agréable », a-t-elle raconté dans un communiqué. « Je leur ai respectueusement conseillé d'arrêter de parler de moi et de faire de moi la raison pour laquelle ils se présentent ou non à l'élection. »

Aux Philippines, le président et le vice-président sont élus séparément, le second remplaçant le premier en cas d'incapacité ou de démission.

(Avec AFP)

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