Philippe Starck : "Je vis en dehors de la vie réelle dans une sorte de spirale grisâtre"

Le dimanche? Une horreur. Cela ouvre un vide devant moi que je ne sais pas remplir." Mais, ce ­vendredi-là, Philippe ­Starck, 70 ans, est en pleine forme. Presque jubilatoire. Tee-shirt anthracite, pantalon multicolore, prunelles rieuses, chevelure ébouriffée, ­tatouages à points sur l'avant-bras. Et telle une ombre apaisante, ­Jasmine ­Abdellatif, sa quatrième épouse et la directrice de la ­communication d'Ubik, son empire baptisé du nom d'un roman de Philip K. Dick. La ­dépression attendra leur retour à ­Lisbonne dans quelques heures. C'est là qu'ils ont fixé leur port d'attache.

Les voici entre deux ­avions à Paris dans les bureaux du ­maestro, perchés dans un ­immeuble Art déco face au ­Trocadéro. Starck est devenu en quelques décennies le designer le plus célèbre de la planète. Que ­n'a-t-il pas dessiné? La chaise empilable Louis Ghost (la plus vendue au monde), c'est lui. Le presse-agrumes d'Alessi ou la Freebox Révolution, lui aussi. L'hôtel Brach, posé depuis peu dans le XVIe arrondissement de Paris? Encore lui. Sans oublier l'intérieur d'Axiom Space, la ­ ­station spatiale privée dont le ­premier vol décollera fin 2020.

De grandes balades en solitaire

Dire que l'une de ces créations a pu démarrer quand il était au plus bas sur l'échelle du ­Richter neuronal. Quand, pour ­combattre l'abattement dominical, il se ­réfugie dans la marche ou dans le travail. "Lorsque ma femme ­Jasmine était enceinte, clouée au lit à Paris, je ­traversais la ville à pied et jusqu'aux puces...


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