Philippe Labro rend hommage au directeur de la rédaction de "Paris Match", Olivier Royant, décédé jeudi

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Un ami s'en va. Le chagrin surgit, le souvenir d'une complicité, celle d'un jeune "frère" avec lequel j'ai vécu des moments d'intense complicité. Mais c'est aussi la stature d'un grand journaliste, ce que l'on appelle un "pro". Ça ne se définit pas, un "pro". On les reconnaît immédiatement à leur regard, leur langage, la gestuelle, la voix, leur passion pour l'information et pour l'image. ­Olivier Royant, 58 ans, qui a dirigé Paris Match pendant près de vingt ans, appartenait à cette catégorie, rare, des "pros". Il laisse une "maison" en larmes. Car Match, comme beaucoup d'organes de presse, c'est une maison, une famille, et Olivier Royant l'a conduite, l'a incarnée, l'a tenue en main, digne héritier de Roger ­Thérond et de Daniel Filipacchi.

Il y avait, d'abord, ses yeux brillants, vifs, empreints de gaieté et d'appétit de la vie. Ce beau visage si français, si clair, aux traits droits, à la structure solide, cette expression ineffaçable d'un être qui veut tout connaître, tout comprendre. Une élégance, aussi, sans coquetterie inutile, sans narcissisme, mais avec ce respect de soi, le choix de ne paraître ni négligé, ni négligent. Royant était un bosseur, un travailleur, habité par une profonde humilité devant les signatures plus célèbres et plus affirmées.

Olivier Royant a été un "capitaine courageux"

Il avait de la classe. Il flottait autour de lui comme un fort parfum d'Amérique. C'est là qu'il avait fait quelques études, là, surtout, qu'il avait eu le privilège de devenir...


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