Philippe Charlier : "Toute sa vie, Yves Coppens a réussi le prodige d’être à la fois un découvreur talentueux et un passeur de génie"

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FRED TANNEAU / AFP
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Médecin légiste, anthropologue et directeur du département de la recherche et de l'enseignement au Musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac, Philippe Charlier rend hommage à Yves Coppens dans un texte publié sur le site de Sciences et Avenir.

Il y eut Lucy, d’abord et avant tout. Ou plutôt AL 288-1, de son nom d’inventaire paléontologique : ce petit bipède vieux de plus de trois millions d’années, qui changera sa vie… et révolutionnera les connaissances sur l’arbre complexe de l’apparition de l’espèce humaine. Une cinquantaine d’ossements découverts en 1974 dans la même couche stratigraphique, répartis sur une centaine de mètres de distance dans les sédiments de Hadar, en Ethiopie. Le squelette est désormais retourné à Addis-Abeba, mais Yves en conservait une copie en résine dans le tiroir de son bureau, au Collège de France, qu’il aimait présenter à ses visiteurs, toujours à la recherche d’un regard nouveau, les interrogeant d’un curieux et narquois : "Alors, vous en pensez quoi ?".

Yves Coppens, une curiosité insatiable et une soif de découverte difficile à satisfaire

De Lucy, il rêvait toutes les nuits, disait-il. C’est peut-être vrai. Etait-elle devenue son ange gardien, son inspiratrice ? Rêvait-il en musique, avec les Beatles, comme le raconte la légende de l’attribution du nom de ce fossile (pour laquelle il aimait entretenir une ironique ambiguïté) ?

Car Yves Coppens était profondément malicieux. Ses yeux clairs pétillants sans cesse, son sourire enjôleur… Ce breton - corps et âme - était capable de faire comprendre la théorie évolutive de l’East Side Story à absolument n’importe qui, avec des mots simples et un humour décalé. Une hypothèse désormais abandonnée, ce qu’il avait accepté avec une ouverture d’esprit totale (et bien rare dans le milieu de la recherche…).

Celui qui avait organisé récemment des rencontres interdisciplinaires au Mucem (Marseille) ou au Vatican (étant membre ordinaire de l’Académie pontificale des sciences depuis 2014 !), avait une curiosité insatiable et une soif de découverte difficile à satisfaire. Marchant dans le permafrost gluant des îles arctiques, cherchant les mammouths en Sibérie, découvrant la forteresse intacte de Massada,… il était sans cesse en mouvement, su[...]

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