Phil Spector, le poète devenu un assassin

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Mort samedi dans une prison de Californie, à 81 ans, Phil Spector aura laissé sur le rock un sillage aussi lumineux que tragique.

Avoir peint la chapelle Sixtine et se retrouver hirsute, échevelé, avec des yeux de dément dans une prison de haute sécurité… Tel est le terrible destin de Phil Spector, l’une des créatures (puisqu’il faut bien les appeler ainsi) qui ont écrit la légende noire du rock and roll. Il restera l’homme de cette pop luxuriante et vernie du début des années 1960, le sculpteur du " Wall Of sound ", cette manière de superposer les sons pour les densifier et créer une réverbération aux effets saisissants, tout de suite reconnaissable.Chaque groupe vocal passé entre ses mains en ressortait avec le pouvoir d’une fée. Le producteur Ahmet Ertegün, patron du label Atlantic, dira de lui : " Il pouvait convoquer n’importe quelle chanteuse de studio et décrocher un succès grâce à sa production. " En 1962/63, Les Crystals, les Ronettes (dont il épousa la chanteuse Ronnie Bennett) et les Righteous Brothers enchantent les ondes avec de " petites symphonies pour mômes ", comme il le dira, qu’il compose et arrange : “Be My Baby”, “Then He Kissed Me”, “Da Doo Ron Ron”…Collines ensoleillées de cuivres, guirlandes de guitares, claviers argentés. Le romancier Tom Wolfe l’appellera " l’empereur de l’adolescence " et de l’arborescence... À 23 ans, il est millionnaire, le producteur le plus en vue du show-business, grimpé trop haut, trop vite, qui décroche les "...

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