Pharmacopée : quand la science valide les plantes

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Fini, la ruée des laboratoires pharmaceutiques sur les molécules naturelles des forêts tropicales ! Aujourd’hui, les ethnopharmacologues s’attachent à mettre au point des formulations plus efficaces des remèdes locaux.

Cet article est issu du magazine Hors-série Sciences et Avenir n°201 daté avril/ juin 2020.

Vues du ciel, les forêts ne sont qu’une gigantesque collection d’arbres. Mais sous la canopée, un autre paysage se dessine, constitué d’un réseau complexe de plantes, d’animaux, de champignons et de bactéries. D’après l’ONG WWF, les forêts renfermeraient plus de 80 % de la biodiversité terrestre mondiale, avec notamment plus de mille espèces au kilomètre carré en Amazonie, dans le bassin du Congo ou en Indonésie. Une densité - et une variété - inédite hors des forêts tropicales humides. "C’est justement parce qu’elles sont de véritables hotspots de biodiversité que la probabilité est élevée d’y trouver un grand nombre de plantes contenant des molécules possédant des propriétés utiles contre telle ou telle maladie, explique Mohamed Haddad, responsable de l’équipe Pharmacognosie, ethnopharmacologie et pathologies du Sud à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’université Paul-Sabatier Toulouse III. Ces molécules ne sont généralement pas synthétisées par le métabolisme primaire, qui concerne les réactions liées à la survie du végétal comme la croissance, le développement ou la reproduction, mais par le métabolisme secondaire, dont dépendent notamment les réactions de défense. Les plantes et les arbres sont immobiles : ils doivent secréter des substances, toxiques quant il s’agit de repousser les prédateurs, attractives pour attirer des insectes pollinisateurs - et ce sont souvent de telles molécules qui ont un intérêt pharmacologique."

Il y a encore quelques décennies, la bioprospection - l’inventaire et l’évaluation des éléments d’un écosystème en vue de produire un médicament - avait tout d’une activité laborieuse et hasardeuse. "Les scientifiques récoltaient des échantillons de presque tous les végétaux qu’ils rencontraient, en tiraient des extraits et testaient ceux-ci en laboratoire, in vitro, pour évaluer leur efficacité sur différentes pathologies. C’éta[...]

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