A la pharmacie de l'Europe, le vaccin Janssen fait recette

Sandra BIFFOT-LACUT
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"J'étais venue pour l'AstraZeneca, je repars vaccinée au Janssen !": comme quatre autres personnes, Karine, violoncelliste de 56 ans, n'a pas hésité à se faire vacciner samedi avec le vaccin du laboratoire américain Johnson & Johnson, connu sous le nom de Janssen en Europe et le seul à nécessiter une unique injection.

"J'ai eu le temps de prendre l'avis d'un ami médecin. Je ne suis pas très branchée vaccins et j'affectionne les remèdes naturels, mais là je suis assez convaincue pour moi et pour la collectivité, pour qu'enfin on en finisse avec la crise", ajoute cette musicienne de l'orchestre de Radio-France, interrogée par l'AFP à l'occasion du lancement de la vaccination en pharmacie avec ce nouveau produit en France.

Laurent Meyssonnier, qui l'a vaccinée à la pharmacie de l'Europe, située dans le huitième arrondissement de la capitale et spécialisée dans l'homéopathie et les produits naturels, se félicite d'avoir "reçu dans les temps un flacon comprenant cinq doses" de vaccin, le quatrième à être déployé en France.

A la mi-journée, toutes avaient été injectées. Les personnes vaccinées, âgées de plus 55 ans, étaient reparties sans problème profiter d'un week-end estival avec, en poche, un "certificat d'éligibilité et de vaccination".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé samedi que près de 80.000 professionnels de santé avaient déjà commandé ce vaccin, dont 16.000 officines.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à l'administration du Janssen en estimant qu'il bénéficiait d'un rapport bénéfices/risques favorable malgré un risque "très rare" de caillots sanguins, comme pour le vaccin AstraZeneca, qui suscite la défiance.

Globalement "le doute persiste encore un peu pour l'AstraZeneca depuis sa suspension temporaire", concède M. Meyssonnier. "Il y a eu trois annulations (de rendez-vous) ce matin sans qu'on sache si les gens ont réussi à se faire vacciner ailleurs avec le Pfizer-BioNTech ou le Moderna", précise-t-il.

Marianne Nardin, sculptrice sur métal de 63 ans, a elle aussi choisi le Janssen pour son "unidose" quand elle a appris qu'il était disponible, après s'être inscrite pour la vaccination à l'AstraZeneca.

"Règle du jeu social"

"J'ai eu le virus mais j'étais asymptomatique. Je trouve qu'on est allé vite et je comprends ceux qui restent méfiants. On ne sait pas tout c'est certain mais je joue la règle du jeu social car je crois que si tout le monde est vacciné, on parviendra à l'immunité collective", dit-elle.

Toby Green, Britannique de 62 ans vivant à Paris depuis 20 ans, est lui "resté sur l'AstraZeneca". "Il n'y a aucune question à se poser, des millions de doses ont déjà été injectées à la population à travers le monde, c'est essentiel pour sortir de la crise !", clame-t-il, sous le regard étonné de clients venus chercher des médicaments.

"Les scientifiques ont réalisé des efforts considérables, les risques sont infimes !", ajoute cet éditeur de revues scientifiques, tenant à souligner qu'il a "étudié la microbiologie et les maladies infectieuses".

Depuis le début de la vaccination en France, sur 3,2 millions d'injections réalisées avec l'AstraZeneca, le bilan est de 27 cas de thromboses, dont 8 décès. Il n'est plus administré aux moins de 55 ans. Pour cette catégorie de personnes ayant déjà reçu une dose de ce vaccin, la Haute autorité de santé a recommandé une deuxième dose avec Pfizer ou Moderna.

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