Phébé – Le paradoxe de l’antiracisme

·1 min de lecture
Fresque à la mémoire de George Floyd,  à Minneapolis.
Fresque à la mémoire de George Floyd, à Minneapolis.

Le paradoxe est au moins aussi vieux que Tocqueville, qui lui a donné son nom pour la postérité : lorsque l'état d'une société s'améliore, la perception des problèmes se fait plus aiguisée et ces derniers semblent plus fréquents, alors qu'en réalité ils diminuent. « La haine que les hommes portent au privilège s'augmente à mesure que les privilèges deviennent plus rares et moins grands, de telle sorte qu'on dirait que les passions démocratiques s'enflamment davantage dans le temps même où elles trouvent le moins d'aliments », écrivait le célèbre philosophe dans De la Démocratie en Amérique. Et il poursuivait : « Il n'y a pas de si grande inégalité qui blesse les regards lorsque toutes les conditions sont inégales ; tandis que la plus petite dissemblance paraît choquante au sein de l'uniformité générale ; la vue en devient plus insupportable à mesure que l'uniformité est plus complète. »

À LIRE AUSSI« Il y a une obsession américaine pour la couleur de peau »

Dans un récent rapport pour le think tank Manhattan Institute, « The Social Construction of Racism in the United States », le politologue Eric Kaufmann applique le paradoxe de Tocqueville au racisme en Amérique : à une époque où les attitudes et les comportements racistes n'ont jamais été aussi bas aux États-Unis, et les raisons d'être optimiste sur la santé raciale de ce pays dès lors jamais aussi justifiées, le pessimisme face au racisme et à la possibilité de relations interraciales en bonne intelligen [...] Lire la suite

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles