Phébé – Comment l’Occident a inventé l’individu

Par Philip Wood*
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« De manière tout à fait fascinante, Joseph Henrich parvient à montrer un lien de cause à effet entre le degré d’exposition à ce programme marital et familial et plusieurs traits de comportement contemporains. »
« De manière tout à fait fascinante, Joseph Henrich parvient à montrer un lien de cause à effet entre le degré d’exposition à ce programme marital et familial et plusieurs traits de comportement contemporains. »

En psychologie expérimentale, la plupart des études sont menées sur des étudiants états-uniens de niveau licence. La plupart des observations sur la psychologie humaine sont donc des généralisations à partir de personnes pourtant très atypiques parmi tous les êtres humains. Ce groupe bien particulier évolue dans une société WEIRD, c'est-à-dire occidentale (Western), éduquée, industrialisée, riche et démocratique ? c'est d'ailleurs aussi le cas de Joseph Henrich, l'auteur de cet article, et sans doute de la plupart de ses lecteurs. Ces précisions sont importantes : il ne faudrait pas croire aveuglément que les politiques et les institutions efficaces pour les sociétés WEIRD fonctionneraient tout autant pour des populations à la psychologie différente.

Se basant sur de nombreuses études en psychologie expérimentale à travers le monde, le chercheur J. Henrich s'attelle, dans The Weirdest People in the World : How the West Became Psychologically Peculiar and Particularly Prosperous, à comparer deux modèles de société opposés : les sociétés WEIRD et celles, plus traditionnelles, qui se basent sur la parenté. Une expérience exemplaire est celle du « jeu de l'identité », où les participants doivent compléter la phrase « Je suis un? ». Dans les sociétés WEIRD, les sujets ont tendance à répondre en se définissant par leur profession, leurs attributs ou leurs accomplissements individuels. Par contraste, ceux qui vivent dans des sociétés basées sur la famille sont plu [...] Lire la suite