Peut-on s'opposer au redoublement de son enfant?

Cours dans un collège des Hauts-de-Seine. (Photo d'illustration) - AFP
Cours dans un collège des Hauts-de-Seine. (Photo d'illustration) - AFP

Juin, mois des orages, des cerises et des conseils de classe. Aux six coins de l'Hexagone, les élèves attendent, parfois avec angoisse, le verdict de leurs professeurs appelés à se prononcer quant à leur orientation. Avec, pour les plus en difficulté d'entre eux, la possibilité d'un redoublement.

Une issue qui ne sied pas à toutes les familles. Peut-on cependant s'opposer au redoublement de son enfant? La réponse varie en fait selon les degrés, comme BFMTV.com a pu le constater ce vendredi.

"Impossible" en maternelle, simple proposition en primaire

Les choses sont simples en ce qui concerne les plus jeunes. Comme l'indique ici le site officiel de l'Éducation nationale, le redoublement est tout bonnement "impossible" en maternelle.

On peut en revanche recaler un élève de l'école primaire, mais une telle option doit rester "exceptionnelle", précise-t-on. De surcroît, si le conseil des maîtres - une instance impliquant le directeur, les professeurs des écoles exerçant dans l'établissement, les remplaçants éventuels ainsi que les membres du réseau d'aides spécialisées susceptibles d'intervenir sur place - peut l'envisager, il ne peut l'imposer.

En effet, il ne s'agira que d'une "proposition" adressée aux parents, qui auront à charge de donner leur avis sous quinze jours. On note que par défaut d'une réponse en provenance du foyer, la proposition du conseil des maîtres est validée.

En baisse dans le secondaire

C'est seulement dans l'enseignement secondaire que la question du redoublement prend une autre ampleur. Et encore: comme le souligne ce dernier rapport statistique de l'Éducation nationale à ce sujet, en date de 2021 - "le redoublement a très fortement baissé depuis le début des années 2000, mais il se stabilise depuis 2016". Il faut dire, comme Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC), le confie à BFMTV.com ce vendredi, il serait "difficile d'aller plus bas".

Les chiffres le confirment: en 2020, on n'a compté que 0,7% de redoublants parmi les effectifs de 6e, 0,5% en 5e, 0,4% en 4e et 2% en 3e.

Au lycée, on a enregistré, toujours pour l'année 2020, le blocage de 2,9% des élèves de 2nde et de 2,1% de ceux de 1re.

Des recours à disposition

Le redoublement n'est d'ailleurs pas gravé dans le marbre. Car les parents désireux de le contester disposent de recours bien que la décision revienne en dernier lieu à l'institution - et non à l'établissement. Jean-Rémi Girard, qui relève qu'on a assisté ces dernières années à un "aller-retour dans les textes" sur ce point jusqu'à la parution d'une ultime circulaire en 2018, nous explique pas à pas le processus en vigueur.

"Le système, c'est que l'établissement peut envisager le redoublement après l'avis du conseil de classe. Une phase de discussion s'ouvre alors avec la famille. Le chef d'établissement décide, mais si la famille n'est pas d'accord, elle peut se tourner vers la commission d'appel de l'académie".

Celle-ci est composée du "dasen" (comprendre le directeur académique), de chefs d'établissement, d'enseignants, de parents d'élèves et de personnels d'éducation et d'orientation. À la commission de trancher si le désaccord perdure après l'audition des parents et de leur enfant.

Un dispositif "exceptionnel" mais sans alternative

Là encore, le ministère rappelle que le "redoublement doit être exceptionnel". Il n'entend pourtant pas y renoncer à ce stade. "Il n'existe pas d'alternative", regrette Jean-Rémi Girard qui remarque que "le redoublement ne coûte pas si cher par rapport à un accompagnement de l'élève en difficulté".

Le président du syndicat enseignant a pourtant quelques pistes. "Il faut prendre la difficulté scolaire au plus tôt, et s'interroger sur la taille des classes", plaide-t-il en préambule avant de suggérer: "Certains pays ont des professeurs spécifiques pour la difficulté scolaire, on n'a pas ça en France".

Article original publié sur BFMTV.com

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