Peut-on soigner la peur obsessionnelle de commettre un acte violent?

Peut-on soigner la peur obsessionnelle de commettre un acte violent?

Qui n'a jamais eu peur de perdre le contrôle de ses actes, de se laisser aller à la violence? Généralement passager, ce sentiment peut se transformer en une phobie très handicapante.

Âgée de 32 ans et mère de deux enfants, Caroline est venue me consulter car elle souffrait d'une phobie particulièrement handicapante: il lui était impossible de manipuler des couteaux ou des objets dangereux à proximité d'autres personnes. Elle m'a expliqué que tout avait commencé trois ans auparavant, par un fait divers tragique:

«Un jour, j'ai entendu à la radio qu'une mère de famille avait soudainement poignardé ses enfants avant de mettre fin à ses jours. Rien ne pouvait expliquer ni faire craindre cet acte, la femme n'étant pas connue comme malade ou violente».

Depuis, Caroline se trouve envahie par la peur de céder elle-même à un tel coup de folie. «Si cela peut arriver, pourquoi pas à moi?». La jeune femme souffre d'une forme particulière de trouble obsessionnel compulsif (TOC), les phobies d'impulsion (ou obsessions impulsives).

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La peur de la perte de contrôle

Caroline n'est pas atteinte d'une simple phobie des couteaux ou des ciseaux. Contrairement à ce que ressentent les personnes souffrant de phobies d'animaux ou de lieux clos, elle ne redoute pas ces objets en eux-mêmes. En revanche, elle craint les actes qu'elle pourrait commettre avec ces instruments dangereux si elle était prise d'une pulsion violente, soudaine et irrépressible.

Cette peur extrêmement douloureuse appartient à la catégorie des TOC. Toutes ces pathologies sont liées à une crainte profonde de ne pas contrôler suffisamment son comportement ou sa pensée, et de commettre ainsi des erreurs, voire des fautes graves (TOC dits de «vérification» ou de «mauvaises pensées»), de se contaminer en raison d'une mauvaise protection ou d'un (...) Lire la suite sur Slate.fr