Peut-on faire confiance aux scientifiques ?

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La crise du Covid-19 a fait surgir toutes sortes d’experts dans les médias et sur les réseaux sociaux, qui souvent se contredisent. Qui croire ? Deux tables rondes ont été organisées lors d'un événement de NewsTankHER pour répondre à cette question difficile, montrant que la méthode scientifique est encore très méconnue du grand public.

C’était un échange on ne peut plus sérieux entre quatre scientifiques de très haut niveau (1), mais voilà qu’ont jailli à l’écran les mots de barjots, hurluberlus, ogres et autres charlatans ! Rien à voir avec un plateau télé un peu foutraque ou un échange agressif sur un réseau social, mais une visioconférence de bon aloi, ce jeudi 4 février 2021, à l’occasion de la manifestation « e-think Education et Recherche » (2). Rassurons l’internaute, il ne s’agissait pas de noms d’oiseaux volant entre les intervenants ! Mais bien de réactions ponctuant leurs propos, tous les quatre s’efforçant sincèrement de répondre à la question posée par les organisateurs : « Covid-19 : Comment restaurer le crédit de la parole scientifique ? »

Restaurer ? A vrai dire, le terme même ne plait pas trop à Antoine Petit, PDG du CNRS. , affirme-t-il. Selon lui, mieux aurait valu demander « Comment renforcer le crédit de la parole scientifique ? »

Quoi qu’il en soit, depuis les débuts de la crise du Covid-19, tout particulièrement avec les réseaux sociaux et les chaînes télé (info en continu ou non), les scientifiques ont bel et bien de quoi s’alarmer. Pour s’être jetée dans le chaudron médiatique, y avoir subi un sérieux cyberharcèlement de « pro-Raoult », Karine Lacombe (Hôpital Saint-Antoine, Sorbonne Université), en est sortie échaudée : « On peut se faire happer ». Voire entraîner au point que survienne une « désorganisation complète de notre communication scientifique », estime-t-elle.

Twitter ? « C’est plein de barjots »

Et, plus qu’une amertume envers les medias traditionnels - « 90% des journalistes [auxquels elle a eu affaire] connaissaient leur sujet », voire les réseaux sociaux où explose la violence de multiples anonymes, ce sont les remises en cause par « des confères et collègues [avec] exposition sur la place publique » qui l’ont touchée. C’est qu’habituellement, les controverses se déroulent dans les colloques ou les couloirs des forums scientifiques. Dans une ambiance pas tou[...]

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