Qui peut aider l’Ukraine à combler un déficit budgétaire de 38 milliards de dollars ?

La guerre menée par la Russie détruit l’économie ukrainienne. Le pays voit son déficit se creuser et appelle à l’aide pour maintenir les caisses publiques à flot.

Les dégâts considérables causés par les forces russes ont provoqué l'insolvabilité, la fuite des cerveaux, la hausse du chômage, la montée en flèche de l'inflation et une chute drastique des exportations, ce qui a fait disparaître des milliards de dollars de recettes et de revenus fiscaux.

Les prévisions initiales de la Banque mondiale, qui annonçaient une contraction de 35 % du PIB ukrainien, se sont aggravées en raison des attaques continues du Kremlin contre les infrastructures clés.

Le pays se démène désormais pour trouver des sources de revenus afin de soutenir son budget 2023, qui comprend un déficit record de 38 milliards de dollars (36,9 milliards d'euros).

Ce financement est censé garantir le maintien des services fondamentaux, tels que les soins de santé et l'éducation. L'achat de fournitures énergétiques et la réparation des réseaux électriques endommagés devraient gonfler les dépenses.

"Pour l'Ukraine, c'est un montant insoutenable : 38 milliards de dollars de déficit. Les salaires des enseignants, des médecins, les prestations sociales, les pensions, sont des fonds essentiels", a déclaré le mois dernier le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans un discours vidéo prononcé lors d'une conférence internationale organisée à Berlin.

Mais en pleine récession mondiale, quel pays est prêt à payer cette facture ?

Tous les regards se tournent d’abord vers les alliés occidentaux. Ces derniers se sont engagés à plusieurs reprises à soutenir l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra". En d'autres termes, l'Union européenne et les États-Unis.

L’UE a déjà présenté un plan visant à débourser jusqu'à 18 milliards d'euros d'aide financière au cours de l'année 2023, soit 1,5 milliard d'euros par mois.

L'enveloppe, qui doit encore être approuvée, sera débloquée sous forme de prêts à long terme assortis de conditions favorables : l'Ukraine ne devra pas rembourser l'argent avant 2033 et les taux d'intérêt seront couverts par les États membres.

Washington envisagerait de fournir un montant mensuel similaire, mais sous la forme de subventions, qui ne doivent pas être remboursées et contribueront à alléger la charge financière de Kyiv.

Ensemble, l'UE et les États-Unis pourraient combler une partie importante de l'énorme déficit budgétaire de l'Ukraine, mais cela ne sera pas suffisant.

D'autres pays occidentaux, ainsi que des institutions financières comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, devraient contribuer à l'effort. Le FMI avait précédemment estimé que les besoins financiers de l'Ukraine se situaient entre 3 et 4 milliards de dollars par mois.

"Nous devons tous être conscients de la possibilité que les besoins sociaux et d'infrastructure puissent pousser les besoins financiers au-delà de cette fourchette, en fonction de l'évolution de la guerre", averti la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

L'aide occidentale repose toutefois sur un consensus politique, or la récession à venir pourrait mettre ce montage à mal.

Les désaccords entre les États membres ont partiellement empêché le déblocage de 9 milliards d'euros que l'UE avait promis de verser à Kyiv en 2022. De son côté, la Hongrie ne cache pas son opposition à l'enveloppe de 18 milliards d'euros prévue pour l'année prochaine.