Certains peuples autochtones d'Amérique du Sud utilisaient des canoës en guise de sépulture

Alberto E. Pérez et al. / PLOS One

Selon la conception des Mapuches, peuple autochtone de l’Amérique du Sud, les âmes des défunts accomplissent un long voyage avant de rejoindre leur destination finale : "l’autre côté de la mer". Le cercueil prend alors la forme d’un canoë pour emmener les morts dans leur ultime voyage. Mais depuis combien de temps cette coutume est-elle pratiquée ? Des chercheurs chiliens et argentins en ont retrouvé la trace archéologique la plus ancienne ; elle daterait du 12e siècle de notre ère.

Chaque culture a une façon différente de se séparer de ses morts ; les rites funéraires sont en effet étroitement liés à la conception du corps humain, mais aussi à la représentation du temps, des éléments, de l’univers et de l’existence, qui est propre à chaque civilisation. En Amérique du Sud, chez certains peuples autochtones, les défunts étaient enterrés dans des canoës ; cette coutume qui métaphorise le dernier voyage en direction du territoire des morts est du moins attestée pour les deux derniers siècles. Elle aurait cependant été pratiquée bien plus tôt par le peuple Mapuche, comme le démontre une équipe réunissant des archéologues chiliens et argentins, qui apporte dans la revue la première preuve directe d’une inhumation dans un canoë pour la période précédant l’arrivée des conquistadors. Ce rite témoigne du lien très fort qui existe entre le peuple indigène et son territoire, situé de part et d’autre de la cordillère des Andes.

Certains peuples autochtones d'Amérique du Sud utilisaient des canoës en guise de sépulture

C’est sur le site archéologique de Newen Antug, dans le nord-ouest de l’Argentine, dans une zone de la Patagonie proche de la côte et constellée de lacs, que les chercheurs dirigés par l’anthropologue Alberto E. Pérez de l’université de Temuco (Chili) ont mis au jour trois sépultures entre 2012 et 2015. La plus ancienne a retenu toute leur attention par son intrigante spécificité. En effet, la personne inhumée, une jeune femme dont l’âge était probablement compris entre 17 et 25 ans, a non seulement été soigneusement allongée sur le dos, mais son squelette était entouré de vestiges caractéristiques : une poterie, plus de 500 fragments de bois et des coquillages. La cause de son décès n’a pu être déterminée, mais selon la datation au carbone 14, l’inhumation aurait eu lieu il y a plus de 850 ans, voire 900 ans, soit entre l’an 1122 et l’an 1172. L’analyse de fragments d’os du squelette indiquerait plus précisément l’an 1142, avec une marge d[...]

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