Petits témoins de la grande histoire – La bataille d'Austerlitz

Par Frédéric Lewino
Bataille d'Austerlitz, par François Gérard

Le 2 décembre 1805, Napoléon affronte la coalition austro-russe. Le grenadier Jean-Roch Coignet participe à la « bataille des Trois Empereurs ».


La victoire de Napoléon sur les forces austro-russes à Austerlitz est un pur chef-d'œuvre stratégique. Face à un adversaire plus fort, l'empereur fait croire qu'il s'avoue vaincu d'avance. Il abandonne des positions capitales, sacrifie un régiment, fait croire qu'il veut négocier. L'adversaire tombe dans le panneau et se fait massacrer. Notre témoin est le grenadier Jean-Roch Coignet. Cet homme a participé à seize campagnes napoléoniennes et à quarante-huit batailles sans jamais être blessé. Il écrit ses souvenirs plus de quarante ans après la bataille.

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« Le 1er décembre, à deux heures, Napoléon vient faire visite avec ses maréchaux, à notre front de bandière. Nous étions à manger du cotignac [gelée de coing, NDLR], nous en avions trouvé des pleins saloirs dans des villages, et nous faisions des tartines. L'Empereur se mit à rire : “Ah ! dit-il, vous mangez des confitures ! Ne bougez pas, il faut mettre des pierres neuves à vos fusils. Demain matin, nous en aurons besoin, teniez-vous prêts !”

Les grenadiers à cheval amenaient une douzaine de gros cochons ; ils passèrent devant nous. Nous mîmes le sabre à la main, et tous les cochons furent pris. L'Empereur de rire, il fit la distribution : six pour nous, et les six autres pour les grenadiers à cheval. Les généraux se firent une pinte de bon sang, et nous eûmes de quoi faire de bonnes grillades. Le soir, l'empereur sortit de sa tente, monta à cheval pour visiter les avant-postes avec son escorte. C'était la brume, et les grenadiers à cheval portaient quatre torches allumées. Cela donna le signal d'un spectacle charmant : toute la garde prit des poignées de paille après les baraques et les alluma. On se les allumait les uns aux autres, une de chaque main, et tout le (...)

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