Des petits pois à l'ADN, la saga du gène

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Un obscur moine féru de botanique, un généticien excentrique, une chimiste oubliée et plusieurs Prix Nobel... tous animés par la même obsession : l'expérimentation. Et la même obstination à déchiffrer les secrets de l'hérédité.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - Les Indispensables n°206, daté juillet/ septembre 2021.

Comment, de l'union de deux êtres, peut-il en naître un troisième si semblable à ses parents mais pourtant unique ? Cette question brûlante de l'hérédité, de la transmission de caractères d'une génération à l'autre, fut l'objet de vifs débats dès l'Antiquité, de Pythagore à Platon. Puis, curieusement, les savants des deux millénaires suivants semblèrent presque se désintéresser de la question. Jusqu'à ce que, à l'aube du 20e siècle, la redécouverte d'obscurs travaux d'un moine autrichien ne signe le coup d'envoi d'une ère haletante ponctuée de découvertes en séries. Leur point commun : toutes semblent placées sous le signe du travail de laboratoire. Plus que l'observation, la réflexion ou l'intuition, ce sont les résultats d'une succession de protocoles expérimentaux rigoureux qui dévoileront finalement les secrets de l'hérédité.

Tout commence dans l'Autriche des années 1850. Plus précisément au monastère de Brno, où un jeune moine du nom de Gregor Mendel tente de comprendre, avant tout pour faciliter le travail de sélection et d'hybridation, comment les caractères d'une plante se transmettent à la génération suivante. Ce fils de paysan, formidable expérimentateur doublé d'un excellent botaniste, jette son dévolu sur un modèle simple : les plants de pois. Avec méthode, il sélectionne sept caractères facilement observables (couleur des gousses, taille de la plante, texture des pois… ) et commence ses croisements. Premier constat : lorsqu'une lignée pure donnant des fleurs blanches est croisée à une autre lignée pure aux fleurs violettes, les descendants présentent non pas une forme intermédiaire, mais eux aussi des fleurs violettes. Pour chaque caractère, une forme dominante semble ainsi prendre le dessus sur une autre, dite récessive. Mais en croisant les descendants aux fleurs violettes entre eux, le moine autrichien voit parfois, avec étonnement, ressurgir[...]

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