"Les petits plaisirs de la liberté retrouvée", la chronique d'Anne Roumanoff

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Même si le temps est maussade pour un mois de mai, les terrasses se sont répandues sur les trottoirs. Des palettes en bois un peu partout. Encore moins de place qu'avant pour se garer mais on s'en fout. Avenue de Wagram, la terrasse d'un restaurant s'étale jusque devant l'entrée du coiffeur. La ville bouillonne d'une énergie retrouvée. Les magasins ont rouvert, sauf ceux qui affichent tristement derrière une vitrine vide "À vendre", "À louer", "Cessation d'activité". À l'heure du déjeuner, on cherche une terrasse abritée du vent et de la pluie. "Vous aviez réservé ? Désolés, on est complet. Ah, vous êtes combien? Quatre? Ici, ça vous va?" On garde sa doudoune mais on est tellement contents d'être là, assis ensemble.

"Il faut scanner le QR code." La serveuse en chemisier blanc apporte l'ardoise. "Non, je n'ai pas froid, je suis en mouvement." Brouhaha de la convivialité retrouvée. On dévisage les clients démasqués. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de bas de visage à l'air libre. Un garçon de 8 ans qui dévore un hamburger, sa mère qui picore des frites dans son assiette ("Mais, euh, maman… prends-en pour toi!" "Non, je suis au régime!"), deux copines qui boivent un spritz en se racontant des histoires de mecs qui les font glousser bruyamment, trois jeunes avocats ambitieux en costume et une jeune femme en tailleur avec de la séduction dans l'air, un couple usagé qui mange dans un silence maussade, un couple tout frais qui se dévore des yeux en oubliant presque...


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