Les petits perroquets babillent comme les bébés humains

Robin Monchâtre / Biosphoto via AFP

“Quand ils babillent, les bébés ne cherchent pas à faire des petits sons mignons : ils font leurs premiers pas sur le long chemin de l’apprentissage du langage”, commence Science. Les petits des perroquets ne font pas autrement. C’est ce que démontre une étude parue ce 1er juin dans Proceedings of the Royal Society B. Ces travaux renforcent l’idée que ces oiseaux sont de bons modèles non humains pour étudier l’apprentissage du langage.

Une équipe rassemblant des chercheurs d’Amérique du Nord et Sud a étudié les babillages du toui été, ou toui à croupion vert (Forpus passerinus), une espèce d’oiseaux de la famille des psittacidés, dont font également partie les perroquets et les perruches. Les oisillons observés dans le cadre de cette étude au centre de recherche vénézuélien Hato Masaguaral, où les scientifiques entretiennent plus de 100 nichoirs artificiels, ont commencé à émettre des vocalises à l’âge de 21 jours. Rory Eggleston, étudiante en thèse à l’université d’État de l’Utah et premier auteur de la publication, raconte :

“Les tout jeunes perroquets pépiaient, caquetaient et grognaient, tout doucement, mais ce faisant, ils ne communiquaient ni avec les autres petits ni avec leurs parents.”

Ils se comportaient plutôt comme des bébés qui babillent tranquillement dans leur berceau. D’ailleurs, les oisillons avaient tendance à émettre ces petits sons quand les autres dormaient, parfois sans même ouvrir leur bec, poursuit la chercheuse, qui a passé des heures devant les vidéos des animaux.

Gazouillis et autres piaillements

Par ailleurs, l’analyse spectrographique des sons a permis de distinguer 27 “appels” différents. “Dans ce ‘méli-mélo’ sonore, les chercheurs ont identifié des vocalisations de demande ou d’alerte, des appels de liaison, des gazouillis et d’autres cris semblables à ceux que produisent autour d’eux leurs parents et leurs congénères”, énumère Karl Berg, écologue comportementaliste à l’université du Texas à Rio Grande Valley, coauteur de l’étude.

Les chercheurs avaient auparavant étudié les vocalises d’oiseaux chanteurs comme le diamant mandarin ou le bruant à couronne blanche. “Les jeunes diamants mandarins mâles ont été utilisés pendant des décennies comme modèles pour étudier la façon dont les nourrissons humains apprennent le langage”, insiste Science. Mais les auteurs de la nouvelle étude pensent que les touis été et plus généralement les perroquets sont de meilleurs analogues humains car ils commencent tôt – dès le nid – à émettre des sons, et les mâles comme les femelles le font. En outre, complète la revue scientifique américaine :

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles