La petite-fille de Maurice Leblanc réagit au succès mondial du "Lupin" d'Omar Sy

Jérôme Lachasse
·2 min de lecture

Florence Boespflug-Leblanc, unique héritière de Maurice Leblanc, revient sur la "lupinmania" qui agite le globe depuis le début du mois.

Unique héritière de Maurice Leblanc, Florence Boespflug-Leblanc, 83 ans, réagit au succès mondial de la série Lupin: dans l'ombre d'Arsène, qui s'est classée en tête des contenus les plus visionnés sur Netflix au cours des dernières semaines.

"En tant qu'héritière, je suis toujours ravie que l'on parle du personnage, ça relance les ventes des livres", indique-t-elle au Parisien, avant d'ajouter: "Honnêtement, je ne pensais pas que ça marcherait autant, mais Lupin a toujours plu."

Selon elle, Maurice Leblanc "aurait forcément été content" de cet engouement: "Au début, il considérait que c'était de la sous-littérature. Lui, à l'origine, il voulait écrire des romans psychologiques, davantage dans la veine de Maupassant ou Flaubert. Puis il a été envoûté par son personnage, devenu plus célèbre que lui, intemporel. Il ne s'attendait pas à un tel engouement." Depuis l'entrée de Maurice Leblanc dans le domaine public en 2012, Florence Boespflug-Leblanc conserve un droit moral sur son œuvre:

"Mon rôle, c'est qu'on ne dénature pas l'œuvre de Maurice Leblanc. Mais c'est très difficile à exercer. J'ai pris contact avec Gaumont, au moment du scénario. J'ai obtenu une réponse pas très positive. J'aurais aimé pouvoir simplement donner mon avis. Si Omar Sy avait véritablement incarné Lupin, j'aurais réagi. Mais là, c'est un personnage qui s'apparente à lui, qui agit à sa manière. Ce n'est pas pareil."

"Je me suis battue pour que le manga ne vienne pas en France"

Florence Boespflug-Leblanc n'a "pas encore" vu la série. "Je viens de m'abonner à Netflix", dit-elle. Elle a cependant entendu de bons échos : "Mon entourage m'a dit que c'était amusant et bien fait." Comme son père, le fils de Maurice Leblanc, elle a longtemps été la gardienne du temps et s'est même battue pour empêcher la diffusion en France de Lupin III, manga et série animée qui mettent en scène le petit-fils d'Arsène Lupin:

"Avant 2012, je me suis battue pour que l'adaptation en mangas japonais et en série d'animation ne vienne pas en France. Puis j'ai accepté à condition qu'on enlève toute allusion à Lupin, qui est devenu Edgar dans le dessin animé français. Les auteurs lui faisaient faire n'importe quoi! Dans un épisode, il est même assis sur une fusée."

Un film inspiré de ce personnage lubrique est sorti en salle l'année dernière, et le manga d'origine sera publié dans le cours de l'année. Elle est tout aussi mitigée sur les autres adaptations: "Pour la télé et le cinéma, il y a eu du bon et du moins bon. C'est quand on le sort de son contexte que ça me gêne."

Article original publié sur BFMTV.com

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