Pesticides : pourquoi les tests ambitieux sur les abeilles et bourdons sont bloqués en Europe depuis 2014

Roslan RAHMAN / AFP

Pourquoi l’adoption de tests plus ambitieux sur les effets des pesticides sur les abeilles et les pollinisateurs est-elle bloquée depuis 2014 dans l’Union européenne ? Une décision de justice, obtenue par l’ONG Pollinis, va permettre de savoir qui s’y opposait et sur quels fondements scientifiques.

MISE A JOUR. Cet article avait été initialement publié le 19 septembre 2022 avec une mauvaise illustration : celle d'un insecte certes pollinisateur, mais il s'agissait d'un éristale, c'est-à-dire un insecte qui ressemble à une abeille, mais qui n'en est pas une. C'était une mouche ! Cette erreur, qui nous a été signalée par un internaute - on le remercie pour sa vigilance -, a été corrigée le 20 septembre.
O.L.

donne à l'ONG qui demande depuis 2018 la divulgation des documents pouvant expliquer les raisons du blocage de tests ambitieux sur sur les abeilles domestiques, les bourdons, les abeilles solitaires et les larves. "Avec ce jugement fondamental, le Tribunal de l'Union européenne met fin à l'opacité inacceptable qui entache une partie du processus décisionnel européen", estime l’ONG, dont le dossier a été défendu par les avocats Théophile Bégel et Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement.

Pour comprendre, il faut remonter à 2013. La Commission européenne, alarmée par , demande à l’ () de revoir les protocoles des tests qui permettent d’évaluer la toxicité des pesticides sur les pollinisateurs dans le cadre d’une autorisation de mise sur le marché. Suivant le conseil d'environnementalistes et de scientifiques, il ne suffit plus seulement d'évaluer la toxicité aiguë des produits phytosanitaires, mais aussi leur . Il est question aussi d’étendre les tests à d’autres pollinisateurs- abeilles solitaires, bourdons- ainsi qu’aux larves. Et de prendre en compte la " route d’exposition" des abeilles, soit toutes les voies par lesquelles elles peuvent être exposées de façon cumulée : l’eau et les sols par exemple, et non plus seulement par les pollens et les nectars. Plus fort, un objectif ambitieux de protection sous-tend cette révision, qui veut fixer le taux de mortalité acceptable des abeilles domestiques à 7% seulement (alors qu’aucun chiffre n’était fixé auparavant).

Sept ans de réflexion... ou de blocage ?

L’EFSA produit en ce sens en 2014 un document g[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi