"Personne n'est à l'abri" : après le suicide d'une factrice, ses collègues accusent les réorganisations incessantes à La Poste

France 2

Pression du résultat, travail minuté par un logiciel informatique, usagers devenus des "clients", effectifs diminués de 20% en l'espace de dix ans... le métier de facteur a complètement changé. Selon certains témoins, plusieurs salariés de La Poste auraient mis fin à leurs jours à cause de ces conditions de travail dégradées. "Envoyé spécial" revient sur l'histoire de Paula Da Silva, factrice à Sarlat, en Dordogne.

Un premier burn-out après une "réorg"

En 2016, après une première réorganisation de son bureau, cette mère de famille quadragénaire fait un burn-out. Dans un courrier adressé au siège, à Paris, son directeur alerte sur "un absentéisme accru et un climat social tendu et conflictuel", générés par ces réorganisations. Ce directeur est remplacé par un nouveau manager. En 2018, celui-ci lance une nouvelle réorganisation.

La peur de perdre son travail

Paula, alors en arrêt maladie pour une fracture du pied, se sent menacée. Des SMS qu'elle envoie à une amie et collègue disent sa détresse : "...besoin urgent d'un syndicat de confiance pour m'aider. (...) Je suis dans la merde ! (...) Ils veulent ma peau. (...) Je panique." Paula se confie aussi à Jérôme Neuville, un ami d'enfance qui travaillait avec elle. Il se souvient qu'elle avait (...)

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