Perquisition au ministère de la justice: Dupond-Moretti met en cause un syndicat de magistrats

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Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti à Pontoise, près de Paris, le 24 septembre 2020

Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti s'est déclaré "extrêmement serein" après la longue perquisition effectuée jeudi dans ses bureaux au ministère de la Justice et mis en cause, sans le nommer, le principal syndicat de magistrats.

"L’un des syndicats de magistrats qui a déposé plainte avait déclaré, après ma nomination, qu’elle était une +déclaration de guerre+. Ce même syndicat a dit jeudi que la plainte n’a été déposée que dans le seul but que je sois mis en examen. Tout est là", a affirmé M. Dupond-Moretti dans le Journal du Dimanche (JDD).

Le syndicat ainsi implicitement mis en cause est l'Union syndicale des magistrats (USM), syndicat majoritaire.

"Nommer une personnalité aussi clivante et qui méprise à ce point les magistrats, c'est une déclaration de guerre à la magistrature", avait affirmé à l'AFP Céline Parisot, présidente de l'USM, lors de la nomination de M. Dupond-Moretti en juillet 2020.

"Le but de ce syndicat est d’obtenir un nouveau garde des Sceaux. Ce n’est pas ce que prévoit la Constitution... C’est du Premier ministre et du président de la République que je tiens ma légitimité, et d’eux seuls", a ajouté le ministre, visé par une enquête des magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) sur de possibles conflits d'intérêts entre son action de garde des Sceaux et ses anciennes fonctions d'avocat.

M. Dupond-Moretti est soupçonné d’avoir profité de ses fonctions de ministre de la Justice pour intervenir dans des dossiers pour lesquels il était auparavant avocat.

"J’ai suivi les recommandations de mon administration ", s'est-il défendu dans le JDD.

Après son entrée en fonction, le ministre a saisi l'inspection générale des services pour demander une enquête administrative à l’encontre de trois magistrats du Parquet national financier (PNF) au sujet de l’affaire dite "des fadettes".

Le PNF avait été mis en cause pour avoir épluché les relevés téléphoniques détaillés d'avocats, dont Eric Dupond-Moretti, dans le cadre d'une enquête visant à identifier une possible taupe ayant informé Nicolas Sarkozy et son conseil qu'ils étaient sur écoute dans une dossier de corruption.

M. Dupond-Moretti avait déposé une plainte pour "atteinte à la vie privée", avant de la retirer le soir de sa nomination comme ministre.

Les investigations de la CJR concernent aussi une enquête administrative lancée par M. Dupond-Moretti visant cette fois l'ancien juge d'instruction Edouard Levrault, le ministre ayant été l'avocat d'un policier monégasque mis en examen par ce magistrat.

L’association Anticor puis les deux principaux syndicats de magistrats, l’USM et le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) ont déposé plainte à l’automne devant la CJR.

Depuis, M. Dupond-Moretti a été écarté du suivi de ses anciennes affaires, désormais sous le contrôle de Matignon.

Selon le Canard enchaîné, M. Dupond-Moretti devrait être prochainement convoqué par les magistrats de la CJR et risque une mise en examen.

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