Perpignan: mis en cause dans la mort de son ex-compagne, un homme condamné pour violences sur mineur

Perpignan: mis en cause dans la mort de son ex-compagne, un homme condamné pour violences sur mineur
Un relief représentant le blason de la justice et sa balance à Paris - Jacques Demarthon © 2019 AFP
Un relief représentant le blason de la justice et sa balance à Paris - Jacques Demarthon © 2019 AFP

Le tribunal judiciaire de Perpignan a condamné ce mercredi un homme à 18 mois de prison, dont six mois assortis d'un sursis probatoire, pour violences sur mineur de moins de 15 ans. Ludovic L. a été reconnu coupable de sévices graves et répétés sur l'un des enfants de son ex-compagne, avec qui il était en couple d'octobre 2021 à novembre 2022.

Âgés de 10 et 3 ans, les enfants ont dénoncé ces agissements auprès de plusieurs personnes, notamment à l'école, donnant lieu à un signalement des services sociaux auprès du parquet de Perpignan.

"Coups de ceintures, coups de bambou"

"Il a donné des coups de ceintures et des coups de bambou au plus grand. Il lui a également maintenu la tête sous l'eau alors qu'ils traversaient une rivière. Il y avait aussi des violences psychologiques... L'enfant a qualifié ces actes de 'torture'", explique à BFMTV.com Me Carole Tixier-Laffite, l'avocate d'Enfance catalane, association désignée comme administrateur ad hoc des deux enfants.

Ludovic L. comparaissait devant le tribunal judiciaire pour des violences exercées sur les deux enfants de sa compagne, mais il a été relaxé pour les faits concernant le cadet, faute d'éléments probants. Durant l'audience, il a nié l'intégralité des faits reprochés, sans convaincre le président de la chambre correctionnelle qui a prononcé un mandat de dépôt à l'encontre de cet homme, déjà mêlé à une autre affaire judiciaire.

Poursuivi pour "séquestration ayant entraîné la mort"

Il est par ailleurs mis en examen pour "séquestration ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "mise en danger délibérée" sur Adeline Leroy, une autre ancienne petite amie. La jeune femme de 30 ans est morte le 25 septembre 2021, dix jours après avoir été extraite du coffre d'une voiture en état d'hyperthermie.

Selon la famille de la victime, la trentenaire était contrainte de passer des journées entières enfermée dans le véhicule, pendant que Ludovic L. était au travail. Lui, affirme que la voiture n’était pas verrouillée et qu’Adeline pouvait en sortir quand elle voulait. Pour ses proches, Adeline était victime de violences conjugales, ce que son ancien compagnon réfute également. "Je n'ai jamais tapé ma femme, je ne l'ai jamais touchée, c'était l'amour de ma vie", s'est-il défendu auprès du journal Le Berry.

"Ca aurait pu être évité"

Malgré ses dénégations, Ludovic L. est mis en examen depuis le 17 décembre 2021 dans le cadre de cette enquête et était, jusqu'ici, placé sous contrôle judiciaire. Un "laxisme", selon la famille d'Adeline Leroy, qui a suscité son "indignation".

"Depuis le début, on dit que c'est un homme violent, mais on ne nous écoute pas. Si Ludovic avait été placé en détention provisoire le temps de l'instruction, les violences contre ces deux enfants n'auraient pas eu lieu. Ca aurait pu être évité!", déplore auprès de BFMTV.com la soeur de la victime, Mélanie Leroy.

Si une affaire judiciaire ne peut avoir d'incidence sur un autre dossier, ces faits "démontrent néanmoins la nature du personnage, et cela doit être pris en compte", estime Me Julien Audier-Soria, l'avocat de la famille Leroy. A la lumière de ces nouveaux éléments, la partie civile espère donc une évolution dans le traitement de son dossier. La famille Leroy réclame notamment que l'instruction en cours pour "séquestration ayant entraîné la mort sans intention de la donner" soit requalifiée en "meurtre sur conjoint".

Article original publié sur BFMTV.com