La famille d'un détenu décédé prévenue 23 jours après sa mort

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Âgé de 40 ans, l'homme était incarcéré à la prison de Perpignan (REUTERS/Jean-Paul Pelissier)
Âgé de 40 ans, l'homme était incarcéré à la prison de Perpignan (REUTERS/Jean-Paul Pelissier)

Suite à la mort le 18 octobre dernier d’un détenu de la prison de Perpignan, il aura fallu plus d’une vingtaine de jours pour que les membres de sa famille soient avertis du décès. Un grave dysfonctionnement dénoncé par les proches du défunt.

Un délai inacceptable. Le 9 novembre dernier, l’ex-femme d’un homme de 40 ans incarcéré à la prison de Perpignan a appris le décès de son ancien conjoint... datant du 18 octobre. Selon les informations de France 3 Occitanie, le détenu, père de six enfants, avait été hospitalisé en raison d’une “asphyxie consécutive à un morceau de viande coincé” dans sa trachée lors d’un repas. Il serait ensuite décédé à l’hôpital.

Si les causes du décès interrogent les proches du quadragénaire, tout comme l’impossibilité, pour le moment, de récupérer la dépouille, ces derniers sont également scandalisés par le dysfonctionnement manifeste des services pénitentiaires dans la transmission des informations, d’autant que des rumeurs inquiétantes étaient rapidement parvenues à leurs oreilles.

Quinze jours après le décès, les services pénitentiaires assurent à sa mère que tout va bien

Ouest France rapporte en effet que quelques jours après les faits, l’un de ses co-détenus avait croisé le frère du défunt au cours d’une permission et lui avait parlé d’un “décès lié à son frère”. France 3 Occitanie révèle de son côté que la mère du défunt, inquiète, aurait contacté les services pénitentiaires le 2 novembre pour avoir des nouvelles.

On lui aurait alors assuré “que tout allait bien et qu'elle aurait été informée s'il s'était passé quelque chose de grave”. Les proches du défunt sont donc tombés des nues en apprenant le décès une semaine plus tard. D’après les services pénitentiaires, ce retard embarrassant serait dû à un défaut d’information sur sa fiche d’incarcération : le quadragénaire y était apparemment recensé comme SDF et aucun contact “valable” n’y était mentionné.

Une enquête ouverte pour déterminer les circonstances exactes du décès

Du côté des proches, cette justification est loin d’être jugée satisfaisante. “Cette famille a des difficultés à accepter les explications de la pénitentiaire et cela est décuplé par l'émotion du fait de l'avoir appris 23 jour après, confirme l’avocat de la famille, cité par France 3 Occitanie. Nous attendons une copie complète de l'enquête du parquet. Nous voulons savoir si une enquête a sérieusement été menée, si les témoins ont été interrogés. J'ai aussi demandé le rapport d'autopsie.”

“Depuis 1998, il faisait des allers-retours en prison pour des petits délits. On lui envoyait des mandats comme d’habitude”, témoignent dans les colonnes de L’Indépendant les proches du défunt, encore sous le choc. Leur objectif est désormais de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès. Si une enquête a été ouverte par le procureur de la République, la famille du détenu a également tenté d’agir de son côté en lançant une pétition en ligne.