Pernaut décrit un PPDA "lourd" avec les femmes, un adjectif pas si anodin au quotidien

·3 min de lecture
PPDA, ex-présentateur du JT de TF1, en 2009. (Photo: Thomas SAMSON via Getty Images)
PPDA, ex-présentateur du JT de TF1, en 2009. (Photo: Thomas SAMSON via Getty Images)

PPDA - “Je sais que PPDA était un homme un peu lourd avec les nanas.” L’ex-présentateur du journal télévisé de 13h sur TF1, Jean-Pierre Pernaut, l’a reconnu ce mardi 9 novembre sur Europe 1, son homologue du 20h Patrick Poivre d’Arvor, pouvait se montrer insistant envers les femmes.

Pour autant, Jean-Pierre Pernaut a réitéré n’avoir “pas eu connaissance”, pendant leurs 20 ans de vie professionnelle commune, des accusations qui visent désormais son ex-collègue et alors que huit femmes ont de nouveau accusé PPDA, dans Libération, de “viol”, “agression sexuelle” et “harcèlement”. Jean-Pierre Pernaut lui n’assure avoir eu l’écho que d’un PPDA “un peu lourd”, sans s’en inquiéter. ”(Les femmes) s’en parlaient de temps en temps en riant”, a-t-il relaté dans un sourire sur Europe 1.

Ces propos ont fait bondir Laure Bretton, une journaliste de Libération, dans un tweet ensuite repris par Cécile Duflot, la directrice générale de l’ONG Oxfam. L’ex-ministre de François Hollande a ainsi directement rebondi sur les propos de l’ancien homme tronc du 13 heures, appelant à ne pas minimiser.

“Mode d’emploi pour Jean-Pierre Pernaut et tous les autres: quand vous entendez des ‘nanas’ parler entre elles d’un de vos collègues comme un mec ‘lourd’, ouvrez vos oreilles, intéressez-vous, demandez ‘lourd comment? Il fait quoi exactement? Il dit quoi?’”

Et Cécile Duflot de poursuivre: “Vous découvrirez peut-être que ‘lourd’= qu’il touche leurs fesses ou ne cesse de leur envoyer des sms salaces. Bref que dire ‘mec lourd’ est une tentative d’attirer l’attention et de chercher de l’aide face à des harcèlements ou des agressions. #derien

Cet appel à la vigilance fait écho à celui de Caroline de Haas, interrogée par le Huffpost en mars dernier. La militante féministe réagissait aux propos de PPDA qui s’était défendu sur le plateau de l’émission Quotidien après les accusations de l’écrivaine Florence Porcel.

Tout en niant fermerment ce qui lui était reproché, il avait alors déclaré: “Il y avait parfois des petits bisous dans le cou, parfois des petits compliments, ou parfois du charme ou de la séduction. Ce comportement n’est plus accepté par les jeunes générations, ou par un certain nombre de jeunes générations.”

“Qui fait des bisous aux gens sur le lieu de travail? Ou à des gens qui n’ont pas donné leur consentement?”, s’interrogeait alors Caroline de Haas. Un tel comportement peut être considéré comme une agression sexuelle, passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. “Cela vaut aussi pour les compliments. Qui peut croire un instant que plusieurs femmes vont témoigner de compliments qu’elles ont reçus en disant que c’est un problème? Quand on complimente dans le respect, que ça fait plaisir, on n’en fait pas un post sur un réseau social”, avait-elle continué.

Les huit femmes qui ont témoigné dans Libération ce lundi, racontent avoir notamment choisi de prendre la parole à visage découvert après le classement sans suite de la plainte de Florence Porcel, qui accusait PPDA de viol.

À voir également sur Le HuffPost: 4 conseils pour armer ses enfants contre les violences sexuelles

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles