Un "permis de voter"? Candidat aux législatives, Aymeric Caron s'explique sur de vieux propos

Aymeric Caron à Paris le 10 février 2022.  - JOEL SAGET / AFP
Aymeric Caron à Paris le 10 février 2022. - JOEL SAGET / AFP

À peine annoncé comme candidat de la Nouvelle union populaire dans la 18e circonscription de Paris, voilà que l'ancien journaliste Aymeric Caron se retrouve au cœur d'une controverse pour de vieux propos. L'objet du grief? Une archive, tirée de son passage le 21 novembre 2017 dans l'émission "C à vous" sur France 5, et exhumée ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

L'ex-chroniqueur de Laurent Ruquier est invité pour échanger sur son nouveau livre Utopia XXI, qui se veut comme une mise à jour de l'Utopie de Thomas Moore publié en 1516, dans lequel il imagine une société idéale, écologiste, antispéciste, pacifiste et solidaire. Parmi les différentes mesures qu'il préconise, comme la semaine de 15h de travail ou la limitation du nombre de naissances, Aymeric Caron y défend l'idée d'un "permis de voter".

"Je propose qu’on instaure un permis de voter, exactement comme il y a un permis de conduire. Et qu’ensuite, à chaque élection, on s’assure que les connaissances liées à l’enjeu du moment sont bien maîtrisées, grâce à ce que j’appelle une clé de vote, où là à chaque fois, on répondrait à un petit QCM qui vérifie que vous avez bien les connaissances", explique-t-il alors. 6102712761001_6260595176001

Une séquence rediffusée sur les réseaux

Mardi, citant un article du Parisien annonçant la candidature d'Aymeric Caron pour les législatives à Paris sous la bannière de la Nouvelle union populaire, le journaliste du Figaro Paul Sugy ressort une partie de l'extrait vidéo, commentant: "Si vous êtes électeur dans la 18ème circonscription de Paris, vous êtes prévenu: dans cinq ans, les cons ne voteront plus".

Le même extrait vidéo est ensuite partagé quelques heures plus tard par la journaliste de L'Opinion Emmanuelle Ducros, qui qualifie Aymeric Caron de "fou dangereux", ajoutant: "Punaise. Mais c'est ignoble, cet eugénisme citoyen". Un post partagé plus de 3200 fois, poussant Aymeric Caron et certaines figures de la France insoumise à préciser les positions de l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier.

"Rassurez-vous (...) vous pourrez toujours voter"

Aymeric Caron a répondu mercredi à Paul Sugy: "Rassurez-vous, si je suis élu député, vous pourrez toujours voter". Plus tard dans la journée, il a indiqué ne pas porté cette mesure "comme candidat de l'Union populaire", et rappelé que ses propos de 2017 ont été prononcés dans le cadre de la promotion de son livre.

"Sur le 'permis de voter' et la polémique lancée par les adversaires politiques: confondre un essai d'utopie politique et un programme est assez grave. Mon parti (la Révolution écologique pour le vivant, qui a signé un accord avec LFI, ndlr), ne porte pas cette mesure et je ne la porte évidemment pas comme candidat de l'Union populaire", se défend-t-il.

Une position réitérée auprès de nos confrères de Libération. "Ce n’est plus du tout d’actualité pour moi, de défendre cette mesure aujourd’hui", explique-t-il.

L'avocate Raquel Garrido, ancienne porte-parole de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, a également pris la parole, pour fustiger "les macronistes" qui "lui attribuent la volonté d'un 'permis de voter'". "Je rappelle que l'Avenir en commun, programme défendu par Aymeric Caron, prévoit le vote... obligatoire", déclare-t-elle.

Un "vote obligatoire" qu'Aymeric Caron avait cependant qualifié "d'hérésie", toujours lors de son passage dans "C à vous" en 2017. Interrogé sur cette divergence par Libération, l'ancien journaliste assume des différences programmatiques avec les insoumis, par exemple sur la question des élevages, que lui souhaite interdire. "Je suis de tradition anarchiste, donc si quelqu'un ne veut pas aller voter, ça ne me gêne pas", balaie-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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