Les perles malgaches, un patrimoine immuable de la Grande île

Getty Images - Pierre-Yves Babelon

Si leur utilité a changé au cours des siècles, les perles ont de tout temps été estimées par la population malgache. Aujourd’hui, elles constituent une part de la culture matérielle comme immatérielle de Madagascar.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

En pierre, en verre, en corail ou en plastique, les perles renferment en elles des vertus, des pouvoirs magiques puissants, pour quiconque y croit. « Toutes ont des significations. "Tsileomparimbona", par exemple, c’est pour rendre une personne inattaquable. Même si des gens sont contre vous, ils ne pourront jamais vous faire du tort. La jolie bleue, là, c’est une perle pour ne jamais perdre le "haja", la dignité », raconte Bako Rasoarifetra, l’historienne spécialiste des « vakana malagasy », les perles malgaches.

Les plus anciennes découvertes sur l’île lors de fouilles archéologiques auxquelles l’historienne a participé datent du IXe siècle et sont les témoins d’un trafic commercial important dans la zone océan indien. « Ce que l’on sait, grâce à des documents anciens, c’est qu’à partir du Xe siècle, ces perles avaient servi comme troc, comme monnaie d’échange », raconte l'enseignante chercheuse. Un zébu, par exemple, s’échangeait contre sept perles de cornaline.

« Ces perles-là sont sacrées »

« Plus tard, quand elles ont perdu leur valeur commerciale, ces perles sont devenues des objets culturels. Il y a les « ody » (sort, remède, en malgache, NDLR) maléfiques ou bénéfiques, des fétiches qui apportent le bien ou qui font du mal et qui font partie intégrante de la vie quotidienne des Malgaches, encore aujourd'hui », raconte-t-elle.


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