Peres, l’aigle à deux têtes

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Oui, on peut quand on est un grand leader avoir la sécurité de son pays comme priorité et la paix avec son ennemi comme obsession. C’est ce qu’incarnait Peres.

L’époque n’est pas aux grands hommes aujourd’hui en Israël. Parler de paix c’est apparaitre comme un mou, un naïf. Être un va-t’en guerre au cœur de pierre, c’est la garantie d’apparaitre comme un vrai chef. La médiocrité aime les choses binaires. Elle s’y reconnait mieux.

Peres n’était pas médiocre. On lui reprochera ses faiblesses, son goût du pouvoir, des postes et des apparats. Mais ce n’est que l’écume des hommes qui disparaitra vite. Il restera autre chose. Une certaine idée d’Israël.

Deux priorités : la sécurité d’Israël, et la paix

Né Persky, Szymon était devenu Peres en immigrant en Israël. Pérès “l’aigle” en Hébreux. Un aigle à 2 têtes. L’une tournée vers la sécurité d’Israël l’autre vers la paix avec les Palestiniens.

La guerre, Peres ne l’a jamais écartée. Après la création d’Israël c’est lui qui sillonne le globe de capitale en capitale pour signer des contrats d’armement, équiper la jeune Tsahal et lui permettre de tenir tête aux armées arabes (égyptiennes et jordaniennes) armées par l’URSS. A Paris il restera plusieurs mois à travailler avec le gouvernement socialiste de Guy Mollet. Il obtiendra le transfert la technologie nucléaire qui permet à Israël de posséder aujourd’hui la bombe atomique, l’arme dissuasive absolue, même si cela reste un secret de Polichinelle.

Oui, la sécurité de son pays était sa priorité. Oui, il était capable d’engager les forces armées sans hésitation comme pour la libération des otages de l’Airbus d’Air-France à Entebbe en 1976. Faire mine de négocier avec les preneurs d’otages du FPLP pour laisser le temps au commando de se préparer à l’assaut. Peres. Un aigle, pas un ange.

Israël comme un rêve

Mais ce souci permanent de la sécurité de son pays n’occultait pas une obsession. Faire la paix avec les Palestiniens. “Parce qu’on ne peut pas passer sa vie avec une arme au poing, sinon les autres font la même chose”, disait-il simplement, ramenant les enjeux de ce conflit à l’essentiel. Alors oui quand il a fallu serrer la main d’Arafat, donner au “terroriste” un statut et une légitimité de chef d’Etat, il l’a fait. Pas pour les palestiniens. Pour les Israéliens. Dans leur intérêt. Celui de leur sécurité, de leur paix, et dans l’intérêt de leur pays.

Parce qu’il se souvenait qu’enfant de Pologne il ouvrait les oranges venues d’Israël comme des trésors, comme la promesse d’un rêve. Parce qu’Israël est aussi un rêve. Un rêve compliqué certes, mais qui mérite mieux que le cynisme de la loi du plus fort, le mépris du fait accompli et les postures électoralistes.

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