"La perception, c'est que les migrants sont invisibles" : à Lampedusa, la crise des migrants occultée par le coronavirus

Bruce de Galzain

Enzo Riso montre sur son ordinateur de bord les points précis où gisent sous l'eau les barques des migrants naufragés. La nuit dernière, ce pêcheur de l'île de Lampedusa a heurté une barque et endommagé son bateau : "Cela arrive souvent, explique-t-il. On peut colmater les brèches et sinon on rachète du matériel. Il nous faudrait une aide !"

Si elle ne fait plus la une des médias, la crise des migrants est pourtant toujours d'actualité. Elle est même renforcée par la pandémie de coronavirus. Sur les plages de l'île italienne, ils arrivent au milieu des 6 500 habitants. Des migrants finalement invisibles, même s’ils sont actuellement plus de 150 dans le centre d’accueil de l’île. "Cela ne m'empêche pas d'accueillir les migrants", poursuit Enzo le pêcheur.

Si je vois une barque en difficulté, je prends en charge les personnes et je rentre directement au port et puis j'assume mes responsabilités.

Enzo, un pêcheur de Lampedusa

à franceinfo

Enzo pêche ici depuis 30 ans, comme son père et son grand-père. Il accueillait des migrants chez lui lorsqu'ils pouvaient s'échapper du centre d'accueil, un bunker encaissé entre deux collines dans le cœur de l'île. Mais les migrants, qui n'ont jamais cessé de débarquer sur l'île pendant le confinement, sont très surveillés désormais. "Après toute cette période de Covid et encore aujourd'hui, il n'y a personne dans (...)

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