Percée russe dans le Donbass, candidature à l'UE... La situation après 17 semaines de guerre en Ukraine

Une ambulance détruite par des tirs russes à Lysssytchansk, dans le Donbass, en Ukraine, le 18 juin 2022 - Aris MESSINIS - AFP
Une ambulance détruite par des tirs russes à Lysssytchansk, dans le Donbass, en Ukraine, le 18 juin 2022 - Aris MESSINIS - AFP

Voilà bientôt quatre mois que la guerre a fait son retour en Europe. Les forces russes continuent d'occuper une partie du territoire ukrainien avec pour objectif d'encercler plusieurs grandes villes à l'est du pays. Sur la scène internationale, Kiev presse ses voisins de valider son statut de candidat à l'adhésion européenne tandis que plusieurs responsables craignent que le conflit dure encore pour plusieurs mois.

• Le Donbass toujours assiégé par les forces de Moscou

Sa conquête est désormais l'objectif principal de l'offensive russe. Le Donbass, terrain d'un conflit qui oppose depuis huit ans l'armée ukrainienne aux séparatistes prorusses, se voit envahi l'armée russe qui n'hésite pas à bombarder les dernières poches de résistance ukrainienne.

Celles se trouvant à Lyssytchansk et Severodonetsk étaient sur le point d'être encerclées ce mercredi après des semaines de combats. D'autres localités se situant autour de ces deux villes sont également assiégées et prises sous le feu de l'artillerie russe et qui ont été ravagées selon les autorités ukrainiennes.

Severodonestk, Lyssytchansk, Donetsk et même Kharkiv au nord-est du pays ont été touchées ces derniers jours par des frappes russes, celles-ci entraînant avec elle de nouvelles victimes dont des civils.

Reconnaissance des pertes importantes au sein de l'armée ukrainienne, le président Volodymyr Zelensky a réclamé davantage de livraisons d'armes lourdes à ses alliés occidentaux. Mais celui qui tient tête à Poutine depuis fin février entend aussi répondre diplomatique au maître du Kremlin.

• Soutiens multiples à la candidature du pays à l'UE

Volodymyr Zelensky s'active en effet pour s'assurer que les 27 pays de l'Union européenne accorderont à l'Ukraine le statut officiel de candidat à l'Union européenne. Dernier moment fort diplomatique: la venue d'Emmanuel Macron, d'Olaf Scholz et de Mario Draghi à Kiev la semaine dernière. Les trois dirigeants européens ont multiplié les gages de soutien à leur homologue ukrainien, se positionnant avec la Roumanie pour un statut de candidat "immédiat".

"Nous avons assumé ce mouvement vers l'Europe", a assuré Emmanuel Macron à BFMTV après son départ de Kiev, ajoutant: "Nous l'avons préparé [...] avec le chancelier Scholz et Mario Draghi", a-t-il expliqué, développant: "ce consensus européen était attendu des Ukrainiens."

La Commission européenne, par l'intermédiaire de sa présidente Ursula Von der Leyen, s'est aussi dite favorable à cette demande de Kiev. Reste que c'est au cours d'un sommet européen des 27 que la décision de valider la candidature de l'Ukraine sera statuée. Un accord qui doit toutefois être pris à l'unanimité.

• La crise alimentaire continue de s'aggraver

Sans parvenir à un accord jusqu'à présent, l'ONU négocie depuis plusieurs semaines avec Moscou, Kiev et Ankara, caution militaire d'une utilisation de la mer Noire pour des navires civils, un accord qui permettrait aux céréales de sortir d'Ukraine en sécurité et aux engrais produits par la Russie de revenir sur le marché international.

Si un accord était trouvé, il ferait baisser les prix des denrées et atténuerait la crise alimentaire dans le monde, qui s'aggrave du fait de l'invasion russe. Kiev craint cependant une attaque de la Russie sur sa côte de la mer Noire, alors que l'armée russe occupe déjà une grande partie du sud de l'Ukraine, dont la totalité des rives de la mer d'Azov.

Conséquence: les autorités ukrainiennes ont de nouveau affirmé ce mercredi qu'aucune avancée concrète n'avait eu lieu dans ce dossier, évoquant tout de même des consultations toujours en cours avec les autres pays. Un navire marchand turc a toutefois pu quitter mercredi le port ukrainien de Marioupol après des discussions entre des délégations turque et russe à Moscou, le "premier navire étranger à quitter le port ukrainien de Marioupol".

Une rencontre quadripartite avec des représentants des Nations unies, de la Russie et de l'Ukraine se tiendra dans les "prochaines semaines" en Turquie en vue d'organiser le transport des céréales en mer Noire, a précisé Ankara.

• L'Otan redoute un conflit qui pourrait durer "des années"

La guerre en Ukraine pourrait durer "des années", a mis en garde dimanche le secrétaire général de l’Otan, en exhortant les pays occidentaux à inscrire leur soutien à Kiev dans la durée.

"Nous ne devons pas faiblir dans le soutien à l'Ukraine, même si les coûts sont élevés, pas seulement en ce qui concerne le soutien militaire mais aussi en raison des prix de l'énergie et de l'alimentation qui montent", a ajouté Jens Stoltenberg.

• Malgré sa victoire, pas d'Eurovision en Ukraine en 2023

L'Union Européenne de Radio-Télévision, organisatrice de l'Eurovision, a annoncé examiner la possibilité que la Grande-Bretagne, deuxième au classement, remplace l'Ukraine pour accueillir le prochain Eurovision.

"Dans les circonstances actuelles, les garanties de sécurité et opérationnelles nécessaires pour accueillir, organiser et produire l'Eurovision (...) ne peuvent pas être remplies" par l'Ukraine, a affirmé l'UER dans un communiqué.

L'Ukraine, par la voix de sa ministre de la Culture Oleksandre Tkatchenko, a aussitôt dénoncé cette décision, réclamant "des négociations supplémentaires" sur l'accueil du concours pour son édition de 2023. Oleh Psiuk, leader du groupe Kalush Orchestra, qui a remporté l'Eurovision pour l'Ukraine en mai dernier a aussi déclaré sur BFMTV souhaiter que l'Eurovision revoie sa décision de retirer l'organisation du prochain concours à l'Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com

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