Pénurie d’essence : attention, les intoxications par siphonnage de carburant explosent

A gazole gun is pictured at a gas station in Blois on October 14, 2022, as filling stations across France are low on petrol as a pay-related strike by workers at energy giant TotalEnergies entered its third week despite government pressure to negotiate. - Striking French refinery workers vowed on October 14, 2022 to pursue blockades after spurning a pay offer from industry leader TotalEnergies, prompting alarm over spreading fuel shortages ahead of broader protests in the coming days. (Photo by GUILLAUME SOUVANT / AFP) (Photo by GUILLAUME SOUVANT/AFP via Getty Images) (GUILLAUME SOUVANT via Getty Images)

Au cours du mois d’octobre, période pendant laquelle un tiers des stations-service étaient à court de carburant sur le territoire national, le nombre d’intoxications par siphonnage de carburant a explosé. Un phénomène inquiétant aux conséquences dévastatrices sur la santé.

C’est l’une des répercussions inattendues de la pénurie d’essence. Au cours du mois d’octobre, période pendant laquelle un tiers des stations-service étaient à court de carburant sur le territoire national, le nombre d’intoxications dues au siphonnage a été multiplié par cinq. Une pratique jugée dangereuse dont s’inquiète l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

Comme le rappelle l’organisme sur son site Internet, la pratique du siphonnage consiste à vider le réservoir d’un véhicule en créant une aspiration du carburant par la bouche à l’aide d’un tuyau. Le contenu du réservoir peut ainsi être transvasé dans un autre récipient comme un jerrican, et servir à remplir un autre véhicule. En aspirant dans le tuyau, une petite quantité de carburant peut être ingéré, ce qui suffit à provoquer une intoxication, quel que soit le type de carburant (essence, gasoil…).

Des intoxications à l’origine de pneumopathies

Une pratique dont les conséquences sur la santé doivent être mesurées. Car concrètement, en cas d’ingestion, les bronches peuvent être violemment impactées. Certains patients ont présenté des troubles respiratoires nécessitant une consultation aux urgences, voire une hospitalisation. "L’apparition de fièvre ou de toux prolongée quelques heures après l'ingestion sont les premiers signes d’une éventuelle pneumopathie d’inhalation", a expliqué l’Anses.

Les personnes intoxiquées présentaient également des symptômes digestifs tels que des reflux gastriques, des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements, mais aussi des signes neurologiques comme des maux de tête, de la somnolence et des vertiges.

Face à ce phénomène, l’Anses et les Centres antipoison ont tiré la sonnette d’alarme et ont profité de l’occasion pour partager quelques conseils en cas d’ingestion de carburant. Il est notamment recommandé d’éviter de se faire vomir pour éviter le passage de carburant dans les bronches puis les poumons mais aussi d’éviter de boire pour ne pas entraîner un risque de vomissement. Se rincer la bouche à l’eau est en revanche essentiel.

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