Le Pentagone envoie à l’Ukraine des munitions stockées en Israël

“Le Pentagone puise dans une réserve de munitions américaines en Israël, abondante quoique pas très connue, pour répondre aux besoins pressants de l’Ukraine en obus”, a révélé The New York Times le 17 janvier, s’appuyant sur des sources gouvernementales en Israël et aux États-Unis.

Le journal souligne que l’État hébreu était réticent à l’envoi de ces munitions. “Israël a imposé un embargo presque total sur la vente d’armes à l’Ukraine, car il redoute des représailles de la Russie, dont les forces en Syrie pourraient y entraver les frappes israéliennes visant les forces iraniennes et le Hezbollah.” Le gouvernement israélien “a exprimé au départ sa crainte de paraître complice” des livraisons de munitions stockées sur son territoire.

Un accord a cependant fini par être trouvé sur l’envoi d’environ 300 000 obus de 155 mm. L’ex-Premier ministre israélien Yaïr Lapid a donné son feu vert, même si son pays a bien souligné qu’il ne changeait pas sa ligne, laissant simplement Washington utiliser ses propres munitions comme il l’entendait.

Guerre d’usure

Ces entrepôts d’armes et de munitions américaines en Israël ont été créés à la suite de la guerre de 1973, durant laquelle les États-Unis avaient dû approvisionner leur allié par voie aérienne, rappelle le New York Times. Le Pentagone les utilise pour des conflits au Moyen-Orient et permet à Israël d’y puiser en cas d’urgence.

Des obus dans un obusier automoteur opéré par les troupes ukrainiennes près de Kreminna, le 11 janvier 2023.. Nicole Tung/The New York Times
Des obus dans un obusier automoteur opéré par les troupes ukrainiennes près de Kreminna, le 11 janvier 2023.. Nicole Tung/The New York Times

Le recours à cette réserve illustre à la fois l’ampleur des besoins ukrainiens et “les limites de la base industrielle des États-Unis”, observe le journal.

“Le conflit en Ukraine est devenu une guerre d’usure où l’artillerie joue un rôle clé, chaque camp envoyant des milliers d’obus par jour. L’Ukraine a vidé ses réserves de munitions de l’ère soviétique et s’est largement tournée vers des munitions données par les États-Unis et ses autres alliés occidentaux.”

“Les réserves d’armement aux États-Unis étant sous tension et leurs fabricants n’étant pas encore en mesure de tenir la cadence […], le Pentagone s’est tourné vers deux autres sources de fourniture d’obus pour combler les manques : l’une en Corée du Sud et l’autre en Israël.”

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