Le Pen, Mélenchon, Ruffin… Les politiques inquiets après le bannissement de Trump par Twitter

Jules Pecnard
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La présidente du RN Marine Le Pen le 11 novembre 2020 à Hénin-Beaumont - FRANCOIS LO PRESTI © 2019 AFP
La présidente du RN Marine Le Pen le 11 novembre 2020 à Hénin-Beaumont - FRANCOIS LO PRESTI © 2019 AFP

Du Rassemblement national à la France insoumise, en passant pour le gouvernement, beaucoup de représentants politiques français ont désormais maille à partir avec Twitter. Le réseau social, qui a récemment suspendu de façon définitive le compte de Donald Trump à la suite des événements du 6 janvier, est accusé par ces personnalités de faire entorse à la démocratie.

Une "dérive très grave"

La patronne du RN Marine Le Pen a tweeté une réaction ce samedi, puis s'est exprimée à notre antenne, en dénonçant une situation "extrêmement inquiétante":

"On ne peut pas d'une part condamner, à juste titre, les atteintes à la démocratie qui ont eu lieu dans le cadre de l'intrusion au Capitole avec des dégradations et des violences et en même temps ne pas être extrêmement sévère et inquiet et condamner très fermement ces géants du numérique qui veulent directement influer sur la démocratie en décidant qui a le droit de parler."

Selon Marine Le Pen, il s'agit là d'une "dérive très grave" des réseaux sociaux:

"On n'en est qu'au début et il faut très sérieusement se poser la question de la responsabilité de ces géants du numérique dans une forme d'effondrement annoncé de la liberté d'expression."

Sur Twitter toujours, le leader de la France Insoumise a déploré l'attitute des GAFA, qui cherchent à "s'arroger le pouvoir de contrôler le débat public".

"Le comportement de Trump ne peut servir de prétexte pour que les GAFA s'arrogent le pouvoir de contrôler le débat public. Les lois Macron ont pourtant légalisé cette censure privée."

"Censure numérique"

La réaction du député LFI de la Somme François Ruffin est du même acabit. "Trump, c'est pas ma tasse de thé", commence-t-il par assurer.

"Mais la fermeture, désormais définitive, de son compte par Twitter me paraît scandaleuse. Doit-on déléguer notre liberté d'expression aux géants de la Silicon Valley? Demain, ce sera pour nous tous, cette censure numérique, et privée", s'inquiète-t-il.

Fait suffisamment rare pour être remarqué, un membre du gouvernement est au diapason de ces critiques portées d'un bout à l'autre du spectre politique.

Il s'agit de Cédric O, secrétaire d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, pour qui "la fermeture du compte de Donald Trump par @Twitter, si elle peut se justifier par une forme de prophylaxie d’urgence, n’en pose pas moins des questions fondamentales".

"La régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seuls (conditions générales d'utilisation) alors qu’ils sont devenus de véritables espaces publics et rassemblent des milliards de citoyens, cela semble pour le moins un peu court d’un point de vue démocratique", développe le macroniste.

Article original publié sur BFMTV.com