Le Pen accuse Macron d'avoir "acheté son élection avec le quoi qu'il en coûte"

La députée du Rassemblement national (RN) souhaite aller plus loin sur le pouvoir d'achat, notamment via de très coûteuses baisses de TVA...

POLITIQUE - La cheffe de file du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, a estimé ce dimanche 10 juillet sur BFMTV qu’Emmanuel Macron avait “acheté son élection” grâce au “quoi qu’il en coûte” débuté avec l’épidémie de Covid-19 en 2020 et poursuivi par une politique d’aides depuis les hausses des prix de l’énergie puis les conséquences de la guerre en Ukraine et des sanctions visant Moscou.

“Emmanuel Macron a acheté son élection par le quoi qu’il en coûte et aujourd’hui il dit ‘maintenant que je suis élu, on va couper les robinets’”, a jugé la finaliste de la présidentielle. Elle réagissait à une déclaration de Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics, dans Le Parisien samedi: “Nous sommes passés du quoi qu’il en coûte à combien ça coûte”. “Gabriel Attal est là pour habituer les Français à ce que les mesures d’aide au pouvoir d’achat s’arrêtent”, a-t-elle tancé.

Interrogée sur ce thème, la députée RN du Pas-de-Calais a évoqué la ristourne “provisoire” des 18 centimes à la pompe, quand, elle, propose “des mesures structurelles”.Pour rappel, en axant sa campagne sur le pouvoir d’achat, “la redistribution et la protection sociale”, Marine Le Pen s’était qualifiée une seconde fois pour le second tour de la présidentielle, rassemblant 23,2% des suffrages exprimés. Mais le programme économique et fiscal de la candidate s’était toujours attiré les principales attaques de la Macronie et les critiques de la grande majorité des économistes.

Ces derniers pointaient, entre autres, un programme trop... coûteux, mal chiffré et non maîtrisé pour les finances publiques et la dette, proche d’un “quoi qu’il en coûte” sur le pouvoir d’achat. Dans son programme, on comptait notamment une “TVA à 0% sur un panier de 100 produits de première nécessité” comme “les fruits et les légumes, l’huile, le pain, les pâtes ou les couches pour les bébés”. Manque à gagner estimé pour les caisses de l’État? 3,5 ou 4 milliards d’euros par an, selon la candidate qui financerait ce geste fiscal par une surtaxe sur certaines entreprises cotées en bourse.

Un ex-conseiller à la Cour des comptes, cité par Le JDD, chiffrait la mesure à 11 milliards pour seulement 50 produits. “Une baisse de TVA sur les couches pour bébé ferait gagner, au mieux, 3 centimes par paquet au consommateur, mais perdre 240 millions aux finances publiques”, ajoutait-il alors. Elle propose encore la baisse -très coûteuse pour les finances publiques- de la TVA de “20 à 5,5%” sur le “carburant, le fioul et l’électricité”, qu’elle veut financer par une “taxe sur les super-profits”. Des mesures qu’elle a à nouveau évoquées ce dimanche sur BFMTV.

“Nous avons déposé un amendement en commission des Finances sur ce sujet”, a-t-elle indiqué, alors que les députés vont examiner cette semaine dans diverses commissions le projet de loi sur le pouvoir d’achat, avant son passage dans l’hémicycle à compter du 18 juillet. Marine Le Pen a par ailleurs déclaré que les députés RN voteraient en faveur d’une défiscalisation plus poussée des heures supplémentaires, mesure à laquelle le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est dit ouvert.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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