Comment Pelé est devenu le roi du football

Par Jean-Luc Wachthausen
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Pelé en 1970.
Pelé en 1970.

Le chanteur et ancien ministre de la Culture Gilberto Gil devient lyrique lorsqu'il parle de Pelé : « Il était une étoile brillante qui étincelait dans le ciel noir des Brésiliens. » Il évoque, bien entendu, les temps sombres de la dictature militaire qui, dès 1964, imposa ses lois liberticides et la torture pour chasser « le péril communiste ». À chaque victoire, le célèbre numéro 10 donnait au peuple cette fierté perdue et ressoudait la nation. Il fut celui qui, selon le dramaturge Nelson Rodriguez, dissipa « ce complexe du bâtard », cette image de « chien des rues » qui, paraît-il, collait aux Brésiliens après la défaite de l'équipe nationale contre l'Uruguay, en 1950, au stade de la Maracana, à Rio de Janeiro.

Pelé ou comment le football est devenu une religion dans un pays qui a fait de la statue du Christ Rédempteur l'un de ses symboles, Pas besoin de faire de la politique pour cet homme du peuple qui emmena trois fois la fameuse Seleçãovers la victoire en finale de la Coupe du monde : d'abord, en Suède (1958) alors qu'il avait à peine dix-sept ans, puis au Chili (1962) et, enfin, au Mexique (1970), après l'affront de l'élimination dès le premier tour, en 1966, en Angleterre. Le pays avait beau être secoué politiquement, Pelé l'intouchable survolait toutes les crises de régime sans perdre son sourire ni son coup de pied magique. Certains mauvais esprits lui reprocheront d'ailleurs cette espèce de neutralité pendant les années sombres du général Médic [...] Lire la suite