Peine de sûreté à 30 ans: l'Assemblée vote une mesure controversée sur les policiers

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Eric Dupond-Moretti lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 18 mai 2021 à Paris

L'Assemblée nationale a voté jeudi une peine de sûreté portée à 30 ans pour les condamnés à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme, une mesure vivement débattue au lendemain de la manifestation des forces de l'ordre devant le Palais Bourbon.

"Tirer sur un policier, c'est tirer sur la République", a insiste le Garde des sceaux Eric Dupond-Moretti en présentant une série d'amendements pour limiter les réductions de peine de personnes condamnées pour des crimes contre des forces de l'ordre.

Ces amendements mettent "en oeuvre les engagements du Premier ministre pour que les forces de l'ordre de notre pays soit davantage protégées, c'est un message fort". Celui sur les peines de sûreté avait été déposé le jour de la manifestation des policiers.

Ces mesures ont donné lieu à une nouvelle passe d'armes entre M. Dupond-Moretti et les Insoumis. "La vertu préventive de l'alourdissement de la peine, ça n'existe pas", a estimé Ugo Bernalicis.

"Vous êtes inconséquent. Vous jouez avec le feu à force de vouloir marcher sur les platebandes de l'extrême droite, c'est une forfaiture sous la pression de manifestations factieuses devant l'Assemblée nationale", a-t-il lancé.

Plusieurs élus ont fait part de leur malaise sur la tonalité de la manifestation, visant particulièrement les propos du secrétaire général du syndicat de policiers Alliance, Fabien Vanhemelryck, selon lequel, "le problème de la police, c'est la justice".

Eric Dupond-Moretti lui même a dénoncé des "propos inadmissibles" et "inacceptables", regrettant certaines "saynètes de très mauvais goût", mais "on doit à la vérité que ces propos n'ont pas été repris par l'ensemble des représentants syndicaux et que d'autres ont exprimé leur désarroi".

Tout en "assumant" sa présence à la manifestation, le communiste Stéphane Peu a décrit les propos du syndicaliste d'Alliance comme une "honte absolue", "ne banalisons pas ce qu'il s'est passé". Dans ces conditions, "le gouvernement n'aurait pas dû maintenir" les amendements, selon lui.

L'ancien patron du Raid Jean Michel Fauvergue a défendu ces dispositions, tout en condamnant les propos du syndicaliste policier, "qu'on aurait pas dû entendre dans ce type de manifestation".

A droite, le LR Eric Pauget a estimé que la mesure gouvernementale ne va pas au "bout du chemin", et qu'il aurait fallu étendre les dispositifs aux "pompiers, "enseignants, soignants et aux élus de la République".

Les organisations syndicales de policiers réclament de leur côté des peines incompressibles ou des peines minimales.

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