Le pays du terroir s’écharpe au sujet du barbecue

Benoit Tessier / REUTERS

Quand les Français ne discutent pas politique à table, c’est la politique qui se mêle de leurs assiettes. Après une déclaration de l’écologiste Sandrine Rousseau, qui souhaitait en finir avec l’association entre barbecue et virilité pour réduire la consommation de viande, la presse étrangère a regardé avec attention les débats qui ont suivi.

“Le barbecue s’étale à la une de tous les journaux, suscite des débats enflammés sur les chaînes de télévision et provoque une crise d’identité nationale, résume le New York Times. De l’extrême droite jusqu’au Parti communiste, toute la classe politique française s’en émeut.”

“Viandards” contre “apôtres du quinoa-tofu”

Loin de prendre la question à la légère, le quotidien américain rappelle que le thème avait déjà marqué la campagne présidentielle, lorsque le communiste Fabien Roussel faisait l’éloge de la bonne viande. “Le pays s’était divisé entre le camp des viandards, principalement à droite, et les apôtres du quinoa-tofu prêchant les vertus des légumes et des graines, que l’on retrouve essentiellement chez les Verts.”

Il faut dire que le pays est attaché à la tradition culinaire et à son patrimoine gastronomique, indissociables de l’identité nationale. Le New York Times en veut pour preuve l’importance que revêt le Salon de l’agriculture, “au point que de nombreux responsables politiques ont perdu tout espoir de décrocher une haute fonction en raison de leur incapacité à paraître naturel en allant tâter le derrière des vaches”.

La passion entraîne la passion, souligne le titre. “Le pays de la gastronomie est devenu le pays des controverses sur le symbolisme politique et culturel de la nourriture.” Car la France, à l’image de certains élus, rechigne à faire des concessions à table.

Faire griller des légumes au barbecue à la place d’une pièce de bœuf, comme le suggérait la députée Sandrine Rousseau ? “Ce serait un changement difficile pour des Français passionnément attachés à leur terroir”, répond le journal, qui ne s’interdit toutefois pas d’espérer. “Cela paraît improbable, néanmoins, les temps changent.”

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