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Aux Pays-Bas, le pétrolier Shell en appel après sa condamnation pour «inaction climatique»

En première instance, la compagnie pétrolière Shell s’était vue imposée par la justice néerlandaise de réduire de 45% ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) à travers le monde. Pour l’entreprise, la question des actions d’une société face au changement climatique n’est pas du ressort de la justice, alors que de leur côté, les ONG de défense de l’environnement accusent Shell d’avoir aggravé encore ses émissions de CO2 depuis le jugement de 2021.

De notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Shell a fait appel devant les tribunaux néerlandais, car elle estime qu'il n'existe « aucune base juridique » pour imposer des objectifs d'émissions de CO2 à une entreprise. Pour la société pétrolière, ce sont les consommateurs qui doivent décider quelles sources d'énergie ils utilisent et qui doivent choisir leurs fournisseurs.

Shell affirme avoir, en outre, prévu d’investir entre 10 et 15 milliards d’euros dans des projets à faible émission de dioxyde de carbone. La compagnie pétrolière anglo-néerlandaise ajoute que le jugement de 2021 ne la contraint à aucun résultat avant l’échéance finale de 2030. Mais les ONG qui ont porté plainte à la suite de Milieudefensie (Défense de l’environnement) ne l’entendent pas de cette oreille. À leur arrivée au tribunal de La Haye ce mardi 2 avril, ils ont affirmé que depuis 2021, Shell avait au contraire lancé plusieurs projets d’exploitation de gaz ou de pétrole.

Shell dit craindre pour l’avenir de l’investissement aux Pays-Bas, mais selon les défenseurs de l’environnement, le jugement de 2021 est historique : les juges ont inscrit la responsabilité des entreprises dans la lutte contre le changement climatique « qui fait partie des droits de l’homme ».


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