Pays-Bas: Mark Rutte en difficulté après la défection d'un parti

par Bart H. Meijer
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PAYS-BAS: MARK RUTTE EN DIFFICULTÉ APRÈS LA DÉFECTION D'UN PARTI

par Bart H. Meijer

AMSTERDAM (Reuters) - L'Union chrétienne, parti conservateur néerlandais, a exclu samedi de participer à une nouvelle coalition gouvernementale sous l'autorité de Mark Rutte aux Pays-Bas, réduisant fortement les chances du dirigeant libéral de constituer une majorité.

Mark Rutte a échappé de justesse à une motion de censure vendredi après avoir reconnu avoir discuté en privé d'un poste ministériel à confier à un membre influent du Parlement, Pieter Omtzigt, qui avait critiqué son précédent gouvernement. Mark Rutte avait auparavant déclaré n'avoir jamais abordé le sujet.

"Nous ne voulons pas faire comme si de rien n'était. Nous ne pouvons pas faire partie d'un quatrième gouvernement Rutte", a réagi samedi le chef de file de ChristenUnie, Gert Jan Segers, dans une interview au magazine Nederlands Dagblad.

ChristenUnie faisait partie depuis 2017 de la coalition gouvernementale dirigée par le VVD (Parti populaire pour la liberté et la démocratie) de Mark Rutte.

Le Premier ministre sortant, au pouvoir depuis 2010 après trois mandats à la tête du pays, a remporté les élections législatives il y a deux semaines mais la crise déclenchée par l'affaire Omtzigt le fragilise.

Tous les partis hors de la coalition sortante ont voté vendredi la censure à son encontre, ne lui laissant a priori aucune autre solution que la reconduction de l'alliance quadripartite au pouvoir. Mais la décision de l'Union chrétienne remet désormais ce scénario en cause.

Le Parlement nommera la semaine prochaine une personnalité indépendante chargée de relancer les négociations en vue de la formation d'un gouvernement.

"Sans le soutien de ChristenUnie, un quatrième gouvernement Rutte paraît impensable", a commenté le politologue Tom Louwerse sur Twitter. "Le meilleur scénario pour Mark Rutte serait de ne pas s'impliquer dans la formation d'un nouveau gouvernement, et d'expédier les affaires courantes en attendant qu'il y ait une nouvelle administration."

La cote du Premier ministre sortant est tombée à 25%, contre 54% une semaine plus tôt, dans un sondage publié après le débat et le vote sur la motion de censure.

(version française Jean-Stéphane Brosse)