Des pays arabes attendent "un soutien plus important de la France et de l'Europe", selon la spécialiste Myriam Benraad

La France et l'Allemagne ont appelé des États membres de l'Union européenne à travailler main dans la main, pour partager des informations pour lutter contre le terrorisme. Est-ce envisageable ? "C'est déjà fait depuis un moment, puisque la généralisation des attentats à l'Europe ne remonte pas à ces dernières attaques, ça fait déjà plusieurs années que l'on voit qu'il y a transnationalisation au sein de l'espace Schengen de ces mouvances terroristes, donc je pense qu'on va plutôt vers un renforcement de la coopération", explique la politologue Myriam Benraad. Un intérêt à coopérer Paris souhaite expulser une vingtaine de Tunisiens radicalisés vers leur pays d'origine. La Tunisie s'est dite prête à accueillir sous conditions "n'importe lequel de ses ressortissants". Que cela signifie-t-il ? "C'est sans doute le fait que la Tunisie elle-même est touchée par le terrorisme, donc il y a une coopération au premier plan avec les États du Maghreb, avec l'Algérie aussi. Elle attend un soutien plus important de la France et des États européens (…) On ne peut pas lutter contre cette menace djihadiste si on laisse la situation pourrir sur la rive sud de la Méditerranée avec une situation libyenne hors de contrôle par exemple (…) et la situation au Sahel, donc ces terrains ne sont pas dissociables. Il y a un intérêt à ce que les gouvernements coopèrent", décrypte la spécialiste du monde arabe, Myriam Benraad.