Paulette Nardal à l'honneur sur Google, c'est un pas en avant

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Paulette Nardal est née il y a 125 ans. (Photo: Google)
Paulette Nardal est née il y a 125 ans. (Photo: Google)

LITTÉRATURE - Une initiative pleine de sens. Peut-être l’avez-vous remarqué en vous rendant sur Google ce mardi 12 octobre: au-dessus de la traditionnelle barre de recherches trône une illustration. Il s’agit d’un dessin représentant Paulette Nardal, femme de lettres française née il y a 125 ans.

Elle est dessinée dans un salon. Pas n’importe lequel, c’est le sien. Connue comme étant la première étudiante noire à avoir fréquenté la Sorbonne, Paulette Nardal est avant tout une des figures majeures de la négritude, l’un des courants littéraires les plus importants de l’entre-deux-guerres qui réunit notamment Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.

C’est dans son appartement du 7 rue Hébert à Clamart (Hauts-de-Seine) qu’elle y a posé les bases. Là-bas, elle a tenu un salon littéraire visant à mettre en relation des hommes et des femmes noires pour notamment aborder, ensemble, la question de l’émancipation des femmes.

Une oeuvre centrale

En 1931, l’aînée d’une famille de huit filles nées en Martinique a fondé La revue du monde noir, titre bilingue central de la négritude dont l’objectif était de “créer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité, un lien intellectuel et moral qui leur permette de mieux se connaître, de s’aimer fraternellement, de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur race”.

L’œuvre de Paulette Nardal est riche et centrale. Cependant, la Française est encore très méconnue du grand public, contrairement à d’autres artistes noires de l’époque comme Joséphine Baker, dont la vie est continuellement documentée par de nouveaux livres ou saluée lors de célébrations publiques.

Comme Rosa Parks et Ella Fiztgerald, à qui l’on a rendu hommage en donnant à des stations du métro parisien leurs noms, Joséphine Baker n’est pourtant pas Française. Elle est Américaine. “De par son engagement politique, c’est un personnage incontournable au regard des politiques mémorielle et éducative actuelles. C’est important de reconnaître qu’elle a été une personnalité majeure du siècle précédent”, concédait au HuffPost l’écrivaine afroféministe Kiyémis, au moment de la parution d’un ouvrage jeunesse sur la danseuse.

Sortir du milieu universitaire

Mais voilà, “tant qu’elles seront les seules figures mises en lumière dans les politiques mémorielles proposées par les pouvoirs publics, on va considérer qu’elles sont les seules femmes noires sur lesquelles on va écrire des livres”.

À l’instar de l’histoire de Suzanne Roussi Césaire ou de Jane Léro, celle de Paulette Nardal tarde à être mise en lumière en France. Leurs récits doivent sortir du domaine universitaire, poursuit Kiyémis. C’est nécessaire pour une représentation globale et plus nuancée de l’histoire des Noirs en France, estime-t-elle. “Il est important de comprendre que Joséphine Baker n’est peut-être pas devenue Joséphine toute seule”, ajoute l’autrice, consciente que beaucoup de collectifs ont permis à de grandes figures de naître.

Lors de l’inauguration de la place Jane et Paulette Nardal, au mois d’août 2019, Anne Hidalgo a annoncé vouloir soutenir l’entrée de la femme de lettres au Panthéon à l’image de ce qui sera fait pour Joséphine Baker. Comme la maire de Paris, la cantatrice Christiane Eda-Pierre et d’autres personnalités ont œuvré à l’entretien de la mémoire des deux femmes. Ce mardi, c’est au tour d’une entreprise américaine, Google, de s’y activer.

À voir également sur Le HuffPost: À Paris, les statues de femmes sont rares, mais en plus elles sont problématiques

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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