Le patron de "la Crim'" plaide pour une plus longue conservation des traces ADN

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Pour les crimes les plus graves, les empreintes sont actuellement conservées 25 ans dans le Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed) et 40 ans dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) (AFP/Angela Weiss)

Le patron de la Brigade criminelle, Michel Faury, plaide pour conserver les empreintes ADN inconnues plus longtemps dans les fichiers, jusqu'à la date de prescription des crimes, dans une interview au JDD.

Pour les crimes les plus graves, les empreintes sont conservées 25 ans dans le Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed) et 40 ans dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

"Quatre décennies avant de retirer une trace, ça peut sembler beaucoup. Mais ça ne suffit pas toujours. D'où notre proposition de caler le retrait de toute trace, dans une affaire non résolue, sur la date de prescription", a indiqué Michel Faury, ajoutant que "de cette manière, le Fnaeg serait en cohérence avec les règles de prescription de l'enquête policière".

Une proposition qui figure dans un rapport administratif, selon l'hebdomadaire.

Selon lui, "cette réforme serait utile non pour la masse des affaires, mais pour le petit nombre de crimes mystérieux sur lesquels nous n'avons pas d'éléments d'enquête", soit une trentaine crimes.

"En général, il reste une à deux affaires par an, des cold cases, qui rejoignent la soixantaine de dossiers pris en charge notamment par l'Unité d'analyse criminelle et comportementale des affaires complexes (UAC3)", a-t-il poursuivi.

"Quel dommage de se couper les ailes en retirant trop vite du fichier des traces inconnues ou les empreintes de personnes passées à l'acte très jeunes et qui risquent de récidiver", assure Michel Faury.

Pour étayer son argumentation, le patron de la brigade criminelle prend l'exemple de François Vérove, un ancien policier et gendarme, identifié comme le "Grêlé", un tueur et violeur en série recherché depuis les années 1980 et soupçonné de cinq crimes commis entre 1986 et 1994.

Son ADN s'est avéré correspondre au profil génétique retrouvé sur plusieurs scènes de crime, avait expliqué le parquet de Paris.

"La trace ADN retrouvée sur les scènes de crime en 1986 n'a été intégrée dans le Fnaeg qu'en 2000, deux ans après la création de ce fichier. Elle ne pouvait donc pas être supprimée avant 2040, ce qui nous donnait de la marge. Mais si le fichier avait existé dès 1986 et si elle avait été intégrée aussitôt, comme c'est le cas aujourd'hui, l'échéance aurait été 2026", a commenté le chef de la brigade criminelle.

ali/pga/cbn

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