Patients rares : ils vivent avec des mains transplantées depuis 20 ans

Julien Hernandez, Rédacteur scientifique
·2 min de lecture

C'est un anniversaire un peu spécial que fêtent ces deux hommes cette année. En effet, cela fait 20 ans que tous deux vivent avec deux mains qui, à la base, ne sont pas les leurs. Ces mains leur ont été greffées. L'un en France, à Lyon, âgé de 33 ans, par l'équipe de Jean-Michel Dubernard, et l'autre en Autriche, à Innsbruck, âgé de 47 ans, par Raimund Margreiter. Une lettre à l'éditeur raconte brièvement leur histoire dans le New England Journal of Medicine.

Les deux patients sont bien évidemment sous immunosuppresseurs depuis leur transplantation. Ils suivent aussi rigoureusement un programme intensif de rééducation depuis leur opération. Malgré tout, durant ces vingt années, ces deux individus ont subi des épisodes de rejets. Trois pour le premier et quatre pour le second. Lors de ces épisodes, la thérapie immunosuppressive a été augmentée. Pourtant, lors des examens histologiques (biopsie de la peau de la main), aucun signe de rejet chronique ou de vasculopathie de greffe n'a été détecté. 

Tout cela a eu des conséquences sur l'état de santé des patients. Pour le Français, des hyperglycémies à répétition durant la période suivant la transplantation, suivies de façon plus chronique par d'autres soucis de santé : hypercholestérolémie, ostéopénie, pityriasis versicolor, gale et augmentation transitoire des taux de créatine sérique. L'Autrichien, quant à lui, a aussi eu son lot de complications : infection récurrente à cytomégalovirus, hyperlipidémie, diabète de type 2, deux carcinomes basocellulaires, un kératoacanthome nasal et une pemphigoïde bulleuse qui affectait à la fois sa peau native et celle de l'allogreffe.

Pour autant, les connections nerveuses ont pu croître à nouveau au fil du temps, et la perception sensori-motrices des patients a retrouvé une certaine normalité. L'homme de 33 ans peut réaliser la plupart des activités quotidiennes et a pu recommencer à travailler trois ans après la transplantation. L'homme de 47 ans est complètement indépendant dans...

> Lire la suite sur Futura

À lire aussi sur Futura